Kouchner EST de gauche !

Publié le par Yves-André Samère

Ce soir, Bernard Kouchner vient pontifier au Grand Journal. Normal, il y a du boat-people dans l’actualité, on ne pouvait PAS ne pas inviter Kouchner !

C’est drôle, je pensais à lui au milieu de la journée. Mes occupations m’ont conduit à passer derrière l’église de la Madeleine, donc devant chez Fauchon. Si vous ne connaissez pas Fauchon, ce vaste magasin d’alimentation de luxe est qualifié d’« épicerie fine », ce qui signifie simplement que tout ce qu’on y achète coûte dix fois plus cher qu’ailleurs. C’est là qu’Yvonne De Gaulle venait faire ses petites emplettes, dans sa DS noire pilotée par un garde du corps, vu que, contrairement à sa légende bien entretenue, la frugalité du grand Général ne lui imposait pas de ne se nourrir que de soupe de légumes. Or, à l’époque où Kouchner était de gauche – mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas –, il avait un jour formé un commando avec ses copains, et ils étaient venus piller les rayons de Fauchon, avant d’aller distribuer dans les quartiers pauvres ce qu’ils avaient piqué.

Mais Kouchner n’a pas tellement changé, il fait toujours payer les riches. À ce détail près qu’il le fait désormais AVEC leur consentement, par exemple celui de Bongo, fils de son défunt père et président du Gabon. Et qu’il... garde tout pour lui. Faut comprendre : quand on vit dans un appartement en duplex rue Guynemer, donnant sur le jardin du Luxembourg, il faut avoir les moyens. Il est vrai que sa compagne, Christine Ockrent, est bâtie sur le même modèle, et que la reine Christine a perdu sa carte de journaliste, parce que ses revenus provenant de ses activités extra-journalistiques dépassent ceux qui proviennent de ses activités de journaliste. C’est la règle.

Passons. Mais j’ai entendu ce soir Kouchner, à propos des noyades de ces malheureux Africains en Méditerranée, dire qu’au-delà d’un certain nombre de morts, ce n’était plus acceptable. J’adore cette façon de s’exprimer, tout autant que cet usage de l’arithmétique. Si bien que, demain ou après-demain, je vais développer un peu ce point dans un article, en appelant à la rescousse Jean Anouilh, qui l’a fait mieux que je ne saurais le faire dans sa pièce L’hurluberlu. Je vous préviens qu’il y a de la citation dans l’air, et par avance, je vous prie de m’en excuser. Mais c’est trop corrosif pour ne pas vous en faire profiter.

(Zut ! Encore un teasing)

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