Pasqua est mort. Champagne !

Publié le par Yves-André Samère

Ils me font bien marrer, ce matin, tous ces culs bénits ruisselants de lâcheté, avec leurs précautions oratoires pour commenter la mort de Charles Pasqua, défuncté hier à l’âge de quatre-vingt-huit ans. Alors comme ça, avoir été résistant à l’âge de quinze ans suffit à effacer toutes les saloperies qu’on a faites ensuite ? Rackets, détournements de fonds, pots de vins, dix affaires judiciaires sur les bras, au moins deux condamnations en justice (avec sursis, à cause de son âge avancé), tout cela, ce sont des bagatelles ? Son accent du midi et sa « truculence » montée partout en épingle en feraient vraiment un homme sympathique, dont on se borne à murmurer qu’il était controversé ? En fait, on le redoutait, car il gardait des dossiers sur tout le monde, y compris ses amis politiques.

Mais le plus grave, c’est le SAC. Pasqua avait fondé et co-présidé ce Service d’Action Civique, une bande de nervis à la dévotion des gaullistes, mais qui recrutait surtout des gangsters, lesquels ne reculaient pas devant les assassinats. Ce pour quoi il a fini par être dissous par Jospin, notamment pour avoir assassiné un enfant. J’ai eu beau tendre l’oreille ce matin, je n’ai pas entendu citer l’un de ses membres, que tout le monde surnommait « La Cuillère », parce qu’il avait la douce manie d’arracher l’œil de ses victimes en se servant de cet ustensile. Si moi je le savais, à plus forte raison, Pasqua le savait aussi ! Ce charmant détail a été mentionné dans le livre Aux ordres du SAC, par Serge Ferrand et Gilbert Lecavelier. Sur ce dernier, visionnez cet extrait publié par l’INA.

Que De Gaulle et Mitterrand, sachant tout cela, aient fait de Pasqua un ministre, en dit long sur leur sens moral.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

V
C'est vrai que le sud, c'est aussi le côté on s'arrange avec la loi, si on est plus malin c'est tant mieux, et puis faut pas les faire chier...

Pasqua était une crapule, qu'il fusse du Sud, du Nord, de droite ou d’extrême droite, n'y fait rien à l'affaire. Un baron de la mafia chiraquienne s'est éteins dans l'impunité et l’opulence, et a eu le droit aux bravos quasi-unanimes de sa caste (toutes étiquettes confondues), pas de quoi se réjouir...
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Y
Je valide totalement ce commentaire. Mais la pourriture du milieu politique, spécialement gaulliste, est évidente depuis des décennies. De Gaulle affectait de ne pas s’en mêler, mais il a tout de même signé une loi d’amnistie qui blanchissait UN SEUL individu, comme par hasard le secrétaire général de son parti, Alexandre Sanguinetti, condamné en justice pour le délit de carambouille. Alors, après cela, Pasqua avait les mains libres.
D
Franchement, je ne pleure pas la mort de ce type, qui a éviter les condamnations et la prison juste parce qu'il tenait par les couilles une quantité phénoménale de gens qui n'avait absolument pas interêt à le voir tomber. Je ne le trouvais pas sympathique et pour prouver que je me moque de tout ça, pour paraphraser Desproges : "le jour où Pasqua est mort, j'ai repris 2 fois des moules"
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Y
Je suis plutôt d’accord, attendu que je n’aime pas beaucoup le champagne.
D
Je trouve qu'un petit vin blanc sec se marie mieux avec les moules que le champagne, mais je ne ferais pas la fine bouche !
Y
Tu as raison, sauf sur un point : Desproges avait repris TROIS FOIS des moules. Cela dit, est-ce que le champagne accompagne bien les moules ?
D
Imaginons Pasqua avec l'accent parisien ou du Nord, il aurait une tout autre image. L'accent du Midi est souvent assimilé à un être volubile, pas méchant, un peu fanfaron, pas sérieux, un peu méprisable. Pagnol est un des vecteurs de cette image.
Les provençaux en fait sont comme tout le monde, ni plus ni moins.
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D
Heu, peut-être pas l'histoire de la cuillère. Mais c'est vrai qu'il y avait du Fernandel dans Pasqua.
Y
Tout est de la faute de Fernandel !