Tous égaux

Publié le par Yves-André Samère

Comparaison n’est pas raison, je le sais bien, mais tout de même, il y a des rapprochements qui s’imposent sans qu’on les sollicite.

En juillet 2011, un employé qui réapprovisionnnait le Monoprix de la Canebière, à Marseille, sauva de la poubelle six melons et deux salades. Sa direction le mit à pied, puis le licencia. Devant le scandale, elle est revenue sur sa décision. Le 15 juillet de la même année, une salariée du magasin Ed a été renvoyée « pour faute grave » : elle avait subtilisé des salades et des poireaux défraîchis, là encore voués à la poubelle. Chez Leclerc, une caissière a été renvoyée pour avoir utilisé cinq euros de tickets de réduction que des clients lui avaient donnés. Pour un motif identique, en 2004, Auchan avait licencié... treize caissières. Le même magasin a licencié Adélaïde, une étudiante employée comme caissière, dont la carte de fidélité, en septembre 2012, avait été utilisée par sa mère. Préjudice : trois euros. Chez Lidl, on encourage les employés à se dénoncer mutuellement, et une employée qui avait fait passer à la caisse et sans le payer un sac de pommes de terre, coûtant 1,69 euros, a été ainsi convoquée.

Et maintenant, imaginez que vous soyez un haut fonctionnaire ou le responsable d’une grande entreprise d’État comme l’Institut National de l’Audiovisuel. Imaginez aussi que vous fassiez remeubler, pour votre propre prestige et flatter votre vanité, DEUX bureaux que vous occupez, plus quelques autres fantaisies coûteuses, ou que vous dépensiez, en moins de dix mois, quarante mille euros en frais de taxis (le prix de deux belles voitures neuves), alors que vous disposez déjà d’une voiture de fonction. Que croyez-vous qu’il vous arrivera ? Soit on vous promeut à la présidence de Radio France, soit on vous offre au ministère de la Culture une sinécure qu’aucun texte n’a encore définie.

Selon que vous serez...

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Mon neveu, quand il était caissier, débitait sur la note des clients gentils les bons de réduction que d'autres clients laissaient (à la caisse, on vous remet votre note de débit, plus éventuellement des bons de réduction pour vos prochains achats). Que n'a-t-il donc pas risqué : la pendaison ?<br /> Autre chose : dans une entreprise de pose d'alarmes, les techniciens montaient chez des amis, des voisins, les centrales d'alarme qu'ils changeaient pour des plus neuves chez les clients de l'entreprise. Ils se faisaient ainsi des sous le week-end. Les directeurs fermaient les yeux sur ce petit trafic qui arrondissait la fin de mois des employés.
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