Pas nostalgique, mais...

Publié le par Yves-André Samère

On ne me fera jamais dire que c’était mieux avant (avec l’accent de Francis Cabrel). Merci bien ! En vrac, l’envahissement de tout notre univers par la pub ; les piqûres qui font mal ; la fraise du dentiste ; les films dont la pellicule se cassait en cours de projection ou dont l’image devenait floue parce que le projectionniste dormait dans sa cabine ; les parents qui battaient leurs enfants ou les maris qui tuaient leur femmes infidèles avec l’assentiment des tribunaux (surtout autour de la Méditerranée) ; les femmes qui n’avaient pas le droit d’ouvrir un compte bancaire ; la majorité à vingt-et-un ans et pas avant ; une avorteuse, Marie-Louise Giraud, condamnée à mort sous Pétain (qui a refusé de la gracier), ce dont Chabrol a fait un film avec Isabelle Huppert ; et De Gaulle se prenant pour la France, Giscard qui affirmait descendre de Louis XV et Mitterrand jouant les Fouché voyeurs, tout cela, je le laisse volontiers aux nostalgiques ayant perdu la mémoire.

Il n’empêche que le progrès n’est pas entièrement bénéfique. Et comme je suis un esprit futile, je vous dirai que, par exemple, je ne comprendrai jamais ces pleurnicheries au sujet de l’éviction du disque vinyle par le CD. Selon les amateurs de ces galettes en cire, leur son serait plus chaud, plus velouté, plus proche, plus réel, plus tout, alors que le CD ne fournirait que des sons métalliques. Sic. Aucune justification technique à ces élucubrations purement sentimentales n’a jamais été fournie. Je suis assez amateur de (bonne) musique, et j’entends parfaitement, or à aucun moment je n’ai décelé la moindre trace de métal dans les centaines de CD que j’ai achetés ou gravés !

Cependant, je ferai une petite exception en faveur de la cassette VHS. Je sais bien qu’apparue vers 1980, elle est tombée dans les oubliettes un quart de siècle plus tard, poussée à l’exil par le DVD puis le Bluray – dont je ne nie pas les qualités. Néanmoins, hormis ses défauts bien connus, elle avait deux supériorités.

D’une part, les images n’étant pas compressées par un procédé informatique, elles n’éliminaient aucun détail, alors que la compression MPEG du DVD, si vous êtes attentif, vous la repèrerez paradoxalement dans les images où presque rien ne bouge (on s’attendrait au contraire, mais non). Là, les plages ne comportant que la couleur de fond ne sont pas unies, mais partagées en zones très visibles, qui devraient vous faire hurler au sabotage !

D’autre part, il y a ce nouveau phénomène, favorisé par quelques héritiers sans scrupule des grands cinéastes, qui ont vendu aux éditeurs de DVD le droit de reproduire les films de leurs parents, avec toute latitude de... recadrer les images pour les adapter au format large 16/9, alors que les originaux avaient été tournés au format 4/3 (plus précisément, en 1,37/1). C’est d’une simplicité évangélique : vous prenez un film dans son format d’origine, vous coupez le haut et le bas, et vous avez un film qui satisfait les possesseurs d’écrans plats. Au nombre de ces salopards qui fourguent aux marchands de soupe les chefs-d’œuvre de leur géniteur, j’ai souvent cité Patricia Hitchcock, fille unique du maître, qui a hérité de tout à la mort de Sir Alfred en 1980, et qui a toléré ce massacre. Naturellement, je peux le prouver, puisque je possède les deux versions de ces films ainsi charcutés, comme Psychose ou Le faux coupable. Je le ferai sur un nouveau site dont je n’ai pas encore choisi le nom, mais je dirai quand ce sera fait.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

C
Non , pas question de mourir puisque, du fait du traitement, depuis un an je continue à voir , conduire etc.
Non ,j'ai raconté mon cas pour signaler aux zemouriens que je préfère avoir des ennuis de santé sous
Hollande que sous Petain ;c'est mieux traités qu'avant.
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Y
C’est surtout parce que soixante-dix ans se sont écoulés depuis Pétain. Et Hollande n’y est pour rien. Le traitement, c’est toujours la cortisone ?
C
j'ai 78 ans , infarctus il y a 10 ans , DMLA depuis un an , traitée je continue de voir ,grâce au traitement
d'autant qu'on traite le mal -coïncidence- au moment ou j'en ai été atteint .
Pour moi, je sais que c'est mieux maintenant qu'avant.
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Y
Je connais le problème de la dégénérescence maculaire – qui n’est pas seulement une question d’âge –, et j’aimerais mieux mourir que de subir cette horreur.