L’esclavage en Mauritanie (1)

Publié le par Yves-André Samère

Divine surprise sur France Inter, ce matin : on y découvre que l’esclavage existe toujours en Mauritanie. La journaliste qui a rédigé le sujet précise même qu’il avait pourtant été aboli en 1981.

La dame a dû faire comme tous les journalistes, et a pris ses sources dans ce que d’autres ont écrit, probablement Wikipédia. Elle aurait mieux fait de me demander ! Je lui aurais, dans ce cas, donné quelques tuyaux que visiblement elle ignore. Bande de veinards, voici, pour commencer, quelques-unes de ces informations.

La Mauritanie est un État bidon, créé en 1960 par De Gaulle, alors président de la République française : ce grand décolonisateur voulait uniquement s’assurer une voix supplémentaire aux Nations-Unies, dont il avait bien besoin durant cette période difficile de la guerre en Algérie. Charmant pays, soit dit en passant, où l’esclavage a été aboli... trois fois ! En 1961, juste après sa création, De Gaulle étant toujours au pouvoir. En vain. Puis en 1972, sous Pompidou. Encore en vain. Enfin, sous Giscard, le 5 juillet 1980 – pas 1981, comme on radote sur France Inter. Et derechef en vain, bis repetita placent, puisque restent à ce jour cent cinquante mille esclaves ou « affranchis », ces anciens esclaves libérés par leurs maîtres, comme dans la Rome antique. Et, soit dit en passant,  dans ce beau pays fabriqué en mordant sur le Sahara, renoncer à sa religion, quand vous êtes musulman comme tous les citoyens, vous rend passible de la peine de mort.

Cette coutume de l’esclavage est bien ancrée dans les mœurs locales, ainsi que le rapporta « Le Figaro » sous la signature de François Hauter : « Le 15 janvier 1984, à Nouakchott [la capitale], la police vint arrêter un maître dans sa maison. Simplement parce qu’il avait fait ligoter l’un de ses esclaves, en le laissant exposé des heures durant en plein soleil. L’opinion publique s’étonna : comment un comportement si habituel pouvait-il être répréhensible ? Le commissaire, gêné, fit reconduire le pauvre maître chez lui. Mais le commandant de la Sixième Région Militaire fit remettre l’homme en prison. Stupeur en ville ».

Évidemment, les maîtres restent hostiles à l’abolition de l’esclavage, au point qu’à Boghé, près du fleuve Sénégal, un vieux maître proposa au chef de l’État de « lui égorger un captif tout de suite » pour lui montrer ce qu’il pensait de sa loi ! À Nouakchott, le grand imam Ould Buddah et ses amis s’opposèrent à l’abolition. L’imam lui-même se taisait sur ce sujet, mais il a longtemps soutenu les partisans de la suppression... de l’Ordre des Avocats.

Complément dans une prochaine notule.

Publié dans Politique

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :