Une bien belle histoire

Publié le par Yves-André Samère

Vous aimez les belles histoires, plus belles encore que Le petit prince revu et corrigé par cet immense chef-d’œuvre sorti au cinéma cette semaine ? Eh bien, en voici une qui va vous ravir, surtout si vous êtes un peu féministe, et que vous pourrez retrouver dans l’Ancien testament, au livre des Juges, chapitre 19. Vous pourrez ainsi vérifier : 1. que je ne brode pas, et 2. qu’on a bien raison de considérer la Bible comme un livre sacré, qui doit inspirer tous les actes de notre vie – comme on le fait chez les Juifs, qui ont fait, des cinq premiers livres de ce must, ce qu’ils appellent la Torah, laquelle leur tient lieu de Code civil et de Code pénal.

Au début de ce chapitre 19, il est question d’un Lévite qui avait pris pour concubine une femme de Bethléem, laquelle, infidèle, le quitta pour retourner chez son père. Le Lévite alla trouver ce père afin de récupérer sa femme, et il resta six jours en compagnie de son beau-père, qui sans cesse le retenait de repartir. Mais le Lévite insista et repartit avec sa concubine et son serviteur, pour se diriger vers Jérusalem, où le Lévite refusa de séjourner. Ils allèrent alors vers une autre ville, Guébus, mais personne n’accepta de leur donner l’hospitalité, jusqu’à ce qu’ils rencontrent un vieillard qui voulut bien les loger pour la nuit.

Or, pendant qu’ils dormaient, « les hommes de la ville, gens pervers », vinrent trouver le vieillard pour qu’il fasse sortir son invité, afin de le violer. Le vieillard les supplia de violer plutôt sa propre fille, qui était vierge, et la concubine du Lévite, au lieu de commettre une action infame (violer des femmes, ça n’a rien d’infame, dans la Bible). Et comme les violeurs ne voulaient pas l’écouter, le Lévite, enfin réveillé, leur proposa sa concubine, qu’ils violèrent « toute la nuit jusqu’au matin ». Ayant eu son compte, la femme s’écroula sur le seuil de la maison, où son mari la trouva au matin – ben oui, pendant ce temps, il dormait du sommeil du juste. Il lui ordonna de se lever, elle ne répondit pas, il la chargea alors sur son âne, et ils retournèrent chez eux. Là, « il prit un couteau, saisit sa concubine et la coupa membre par membre en douze morceaux, qu’il envoya dans tout le territoire d’Israël ».

J’ignore à quoi répond le besoin d’insérer cette histoire horrible dans la Bible, mais j’imagine que ce doit être un symbole, le partage des douze morceaux du corps entre les douze tribus d’Israël devant bien signifier quelque chose. Mais comme je ne m’intéresse pas du tout aux symboles, inutile de chercher plus avant. Disons qu’à mon avis, on devrait conter cette histoire édifiante aux enfants du catéchisme. Hélas, pour une raison qui m’échappe, on ne le fait en aucun cas, et les curés, en chaire, ne citent jamais ce passage lors de leur sermon dominical. Je me demande pourquoi. Si vous avez une idée...

Publié dans Sottises bibliques

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Tout ce que l'on peut dire, c'est que La Poste existait déjà, puisque ce brave homme a envoyé les morceaux de sa femme dans tout le territoire d'Israël.
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Y
J’y avais pensé. Pour une fois qu’on pouvait faire l’éloge de la Poste !...