Être « connecté » ou mourir

Publié le par Yves-André Samère

Je me suis trouvé aujourd’hui dans une salle d’attente, où nous étions cinq à patienter. Or, des cinq, j’étais le seul à ne pas avoir les yeux rivés sur un smartphone. Tous les autres consultaient un je ne sais quoi, ou tapaient des messages d’une importance sans doute capitale, puisque la chose semblait ne pouvoir attendre que ces frénétiques communicants soient rentrés chez eux. J’ai entendu hier que les Français sont sur leur téléphone mobile trois heures par jour. Trois heures ! Moi, ce n’est même pas trois minutes par trimestre.

Je suis tout à fait conscient qu’en écrivant ce genre de quolibet, je passe pour un... passéiste, justement. Le genre de type qui radote des « C’était mieux avant », et qui rejette toute forme de progrès. En bien, c’est le contraire ! J’ai possédé jusqu’à QUATRE téléphones mobiles en même temps, j’en ai donné un à un cousin, et le seul que j’utilise parfois, un Nexus 5, je le laisse éteint durant des semaines, et ne m’en sers que pour recevoir les mises à jour (hier, Android 6) et appeler quelqu’un, qui ne peut PAS m’appeler, car je n’ai donné mon numéro à personne – pas fou ! Comme écrivait Anna Karina sur les murs de sa chambre dans Une femme est une femme, « Le bonheur, c’est quand on me fout la paix ». Lorsque je sors, je n’ai jamais de téléphone sur moi, l’idée de vouloir téléphoner en pleine rue me semble du dernier crétin.

L’ordinateur ? Tenez-vous bien : dans la pièce où je tape ceci, il y a : deux ordinateurs de bureau, quatre ordinateurs portables (respectivement équipés de Windows XP parce que j’ai encore besoin de ce système d’exploitation, et aussi Windows 7 et Windows 10), un notebook équipé de Linux, et une tablette Nexus 10 achetée chez Google, que je balade au gré de ma fantaisie. Plus deux imprimantes laser, une en noir et blanc et une en couleurs. Dans ma chambre, on peut voir un Macbook. Et dans les placards, jamais utilisés, encore deux ordinateurs, dont un tombé en panne définitivement.

Et puis, j’ai une liseuse Kobo Glo, qui me permet de lire... au cinéma, pendant les publicités. Pour ne pas être dérangé par les inepties qui vous cassent les oreilles, j’ai un excellent walkman Sony, bourré de musiques classiques et de Réquisitoires de Desproges.

Or, tous ces gadgets, je les utilise, mais n’en suis pas esclave. On peut vivre sans être « connecté », comme il faut dire, où qu’on aille et quoi qu’en fasse. Rien ne nous oblige à être des moutons de Panurge.

Publié dans Absurdités

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Salle d'attente (je cumule les médecins et les urgences) = liseuse ou livre. J'oublie une fois sur deux mon téléphone portable qui, étant antique, ne fait que téléphoner. <br /> Mais le pire, et l'autre jour j'étais à une terrasse de café près d'une avenue : le téléphone en conduisant. Un conducteur sur trois, environ. Que les gens s'abrutissent dans une salle d'attente, pourquoi pas tant qu'ils ne m'obligent pas à faire comme eux, mais au volant, c'est criminel.
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Y
C’est d’ailleurs interdit par la loi. S’ils se ramassent un PV, ils ne l’auront pas volé. Le film « Par accident » sorti la semaine dernière commence de cette façon : une femme au volant ramasse son téléphone qu’elle a fait tomber, et ne voit pas un piéton, qu’elle tue.
J
Ah, et parfois même, je t'écris, depuis ce smartphone, depuis mon lit !
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J
Mais j'espère bien que les gens jasent !
Y
Arrête, les gens vont jaser.
J
En salle d'attente, je joue au scrabble avec des amis et des inconnus, depuis mon smartphone. Comment faire autrement, à distance ?
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Y
Jouer avec des gens auxquels on n’a pas été présenté ? Quelle horreur ! Nadine de Rothschild me souffle que ça ne se fait pas du tout.
J
Oui ! mais ces nouveaux moyens de communication ont mis fin aux scandaleux esclavage des pigeons voyageurs ...
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Y
Cela dit, Henri Tisot avait réglé le douloureux problème de la dépigeonnisation.