Mais où s’assied le pape ?

Publié le par Yves-André Samère

Ce mardi 6 octobre, France 2 a diffusé une émission consacrée au pape actuel, et le laïus publicitaire de cette diffusion commençait ainsi : « En 2013, il est monté sur le trône de saint Pierre ». Je vous épargne la suite, et concentrons-nous plutôt sur l’orthographe de cette phrase.

Lorsque vous écrivez « saint Pierre » sans majuscule à saint, vous désignez le personnage, ce disciple (supposé) de Jésus, lequel d’ailleurs ne s’appelait pas Pierre, qui n’est pas un prénom juif, mais Simon, surnommé Kephas, d’un nom araméen, et Céphas dans la Bible en français (traduite par Louis Segond), ce mot grec désignant en effet la pierre, parce que Jésus, qui l’avait surnommé ainsi, voulait faire un calembour ! Bonne blague d’ailleurs gravée en latin et en lettres de deux mètres de haut à la base de la coupole, dans la basilique vaticane : impossible de ne pas la voir... Or ce Simon-Pierre n’a JAMAIS eu de trône, n’a JAMAIS été évêque de Rome puisqu’il n’a séjourné dans cette ville qu’un jour ou deux avant de fuir la rafle ordonnée par Néron – et d’y revenir, dit la légende pieuse, pour s’y faire volontairement crucifier la tête en bas. Ce que les chrétiens qui gobent ce bobard prennent pour un sacrifice sublime, alors que ce procédé ne ferait qu’accélérer la mort, qui sans cela ne surviendrait qu’après un temps beaucoup plus long !

En revanche, si vous écrivez « Saint-Pierre », avec une majuscule et un trait d’union, vous désignez la Basilique Saint-Pierre, qui comporte bel et bien un trône où vient s’asseoir le pape, j’en suis certain, puisque je les ai vus – les deux, le trône, et le pape assis dessus.

L’orthographe de l’expression dont je parle a donc une importance. Et, dans le même ordre d’idée, je signale que, pour parler du pape lui-même, on doit écrire « le saint père », sans trait d’union et sans majuscule, pour la même raison.

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