Parler français mieux que les Français

Publié le par Yves-André Samère

À force de voir des films, je devine assez souvent ce qu’un personnage va dire ou faire, ou je prévois que le réalisateur va effectuer tel mouvement de caméra. Je n’en tire aucune gloire, c’est ainsi, et voilà tout. Or, hier soir, je me suis découvert un nouveau don : désormais, je suis capable de deviner si tel acteur étranger qui arrive sur un plateau de télé va être capable de s’exprimer en français. Attention, je ne triche pas ! Je connais déjà les noms des acteurs et réalisateurs capables de cet exploit assez rare, et j’en ferai peut-être un article un de ces jours, mais là, je parle de ceux dont j’ignore a priori s’ils en sont capables.

Ainsi, hier soir, étaient invités au Grand Journal deux acteurs et le réalisateur d’un film qui sortira le 28 de ce mois, The walk, l’histoire d’un Français fildefériste, Philippe Petit, qui avait franchi sur un câble l’espace entre les deux tours newyorkaises que les boys de Ben Laden ont ensuite pulvérisées à coups de Boeings. Il avait alors vingt-cinq ans, c’était en 1974, l’année où Giscard est devenu président de la République. Or Robert Zemeckis, qui avait réalisé quelques films au-dessus du médiocre – dont la trilogie Retour vers le futur –, vient de terminer ce film, et il est venu faire un peu de publicité sur Canal Plus, avec ses deux vedettes masculines, Clément Sibony, qui est français et n’a qu’un petit rôle, et Joseph Gordon-Levitt, qui est né à Los Angeles, incarnera le rôle d’Edward Snowden dans un film qui sortira le 13 mai de l’année prochaine (sans doute au festival de Cannes), et dont j’ai su, dès son apparition, qu’il parlerait en français. Ne me demandez pas comment je le savais, car je l’ignore.

En tout cas, cet acteur de grand talent et dont j’ai vu la plupart des films, s’il a bien un petit accent, parlait hier soir un français à peu près parfait, et on connaît beaucoup de vedettes des médias, qui, nées françaises, se seraient ridiculisées en sa compagnie.

Cela dit, j’irai voir The walk, avec cependant le double regret que Charlotte Le Bon y joue, et que, souffrant de vertige, j’aurai du mal à regarder les scènes chocs. La seule affiche du film me rend malade ! Vous vous souvenez de James Stewart dans Vertigo, quand il monte sur un escabeau de cuisine ? Eh bien, c’est moi !

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