Ils assassinent. Et nous ?

Publié le par Yves-André Samère

En soi, mourir quand on ne l’a pas voulu n’est pas un acte méritoire. C’est triste pour ceux qui restent, pour les proches, mais rien de plus. Dîner dans un restaurant, boire à la terrasse d’un café ou écouter de la musique dans une salle de concert ne sont pas des actes civiques et ne rapportent rien à la Nation. Mourir en faisant cela n’est pas comparable à mourir en faisant la guerre pour défendre son pays et ses valeurs.

Par conséquent, laissons les proches à leur tristesse, mais n’en faisons pas un deuil collectif – que je ne confonds pas avec la colère tout à fait normale envers les meurtriers. Et lorsque, vers la fin du dix-neuvième siècle, Jack l’Éventreur assassinait des prostituées dans les quartiers est de Londres, a-t-on allumé beaucoup de bougies, joué de la guitare et dansé dans les rues afin de « rendre hommage », comme il faut dire, à ces malheureuses ? Ah oui, c’est vrai, pour pouvoir manger, elles vendaient leur corps, donc c’était bien fait pour leur gueule.

Et puis, il y a cet autre aspect, c’est que notre fameuse civilisation chrétienne a fait bien pis, dans le passé, que de mitrailler des anonymes à la Kalachnikoff. Rappelons que notre chère Église catholique préconisait de brûler vives celles qu’elle accusait d’être des sorcières... sur de simples soupçons ; qu’en Italie, le 1er janvier 1600, Giordano Bruno, pour le crime d’avoir dit qu’il était athée, a subi le même supplice ; que lorsque quelqu’un était suspecté de crime, on lui plongeait la main dans l’huile bouillante, et qu’on décrétait que le jugement de Dieu lui épargnerait toute brûlure s’il était innocent ; qu’on exécutait de façon effroyable quiconque commettait un attentat contre le roi de France, évidemment représentant de Dieu sur Terre, y compris si le roi s’en était tiré sans mal, comme Louis XV ; que le malheureux chevalier de la Barre, qui n’avait que vingt ans, pour être « passé à vingt-cinq pas d’une procession sans ôter son chapeau qu’il avait sur sa tête, sans se mettre à genoux », a été torturé, condamné à mort puis exécuté.

Alors, bien sûr, les catholiques ont depuis mis de l’eau dans leur vin, et la « sainte » Inquisition, instaurée en 1233, a été abolie... en 1843, en Espagne. Pour l’islam, il faudra sans doute attendre encore un peu.

Publié dans Actualité, Mœurs, Religion

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 21/11/2015 13:27

On pourrait aussi parler de la Saint-Barthélémy.

Yves-André Samère 21/11/2015 15:15

Oui, ainsi que les dragonnades sous Louis XIV. Mais le choix était vaste.