Jésus « de Nazareth », vraiment ?

Publié le par Yves-André Samère

On sait bien qu’à force de répandre des fautes de français ou des contresens, ces horreurs finissent par entrer dans le Robert, le dictionnaire des cancres. Ou qu’à force de proférer des contre-vérités, ces bourdes finissent par être enseignées dans les écoles. Mais enfin, il faudrait peut-être renoncer à parler de « Jésus de Nazareth », expression qui, telle quelle, ne figure JAMAIS dans les évangiles, et n’apparaît qu’une seule fois dans les Actes des Apôtres, au chapitre 10, verset 38 !

L’évangéliste Mathieu, au chapitre 2, verset 1, dit que Jésus est « né à Bethléem en Judée », puis au verset 23, qu’il « vint demeurer dans une ville appelée Nazareth », ajoutant « afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par les prophètes : “Il sera appelé Nazaréen” ». L’ennui est qu’aucun prophète de l’Ancien Testament n’a dit une telle chose, et que la ville de Nazareth n’y est jamais citée. Pas plus que par Flavius Josèphe, historien de l’époque, le seul qui parle indirectement de Jésus, puisqu’il ne mentionne que les disciples d’un certain Christ – alors qu’il connaissait très bien la Palestine.

De son côté, l’évangéliste Luc raconte, au chapitre 1 verset 26, qu’au « sixième mois [de la grossesse de Marie], l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth », pour lui annoncer qu’elle mettrait au monde Qui Vous Savez. Donc Marie vivait alors à Nazareth, mais rien ne dit qu’elle y est restée, ou que Jésus y a vécu et grandi.

Série de problèmes : Nazareth n’existait pas à cette époque, et l’archéologie démontre que les ruines qu’on y voit de nos jours sont postérieures au premier siècle, donc bien après la naissance de Jésus. Autre problème : Mathieu écrivait « Nazoraios », qu’on a traduit par Nazaréen, alors que les Actes des Apôtres mentionnent « Nazarenos », qu’on traduit par Nazarénien, un habitant de Nazareth. On pense généralement que « Nazaraios » dérive de « Nasorayya », mot araméen qui désignait une secte de chrétiens gnostiques des premiers temps de l’Église, les Nazoréens. Donc, selon Mathieu, Jésus aurait appartenu à cette secte.

Dernier problème, non pas linguistique mais de bon sens : le père adoptif de Jésus, le charpentier Joseph, n’aurait jamais trouvé de travail dans un village. On est quasiment certain que la famille s’est très vite installée à Capharnaüm, qui était bien une ville, avec des temples et des bâtiments publics nécessitant une charpente.

En somme, Jésus de Nazareth est un mythe !

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