La condition pour un bon effet de serre

Publié le par Yves-André Samère

Entendu aujourd’hui une belle bourde proférée par Stéphane Bern, qui, sous prétexte qu’il a dû venir à pied depuis la rue des Martyrs, où il habite, jusqu’au studio de RTL, où il travaille, a dit qu’il avait été « pollué par les gaz à effet de serre ». C’est pour moi une belle occasion de préciser ce que sont ces gaz à effet de serre, à ne pas confondre avec la pollution.

L’atmosphère est composée des gaz suivants, dans l’ordre croissant de leurs volumes : l’azote (78 %), l’oxygène (21 %), le dioxyde de carbone ou gaz carbonique (0,0280 % avant la révolution industrielle, 0,0345 % en 1998, mais on affirme que c’est 0,0400 % actuellement), l’argon (0,933 %) et le méthane (0,000175 %). Aucun n’est toxique, et, notamment, PAS le gaz carbonique ! La preuve, nous en bourrons nos sodas.

L’effet de serre, je l’ai expliqué avant-hier, en annonçant un détail curieux, que voici : pour avoir un effet de serre, il faut que la molécule d’un gaz possède au moins trois atomes. L’azote, de formule N2 (N pour nitrogène) n’en a que deux, comme l’indique sa formule. L’oxygène, de formule O2, également. L’argon aussi. Aucun de ces trois gaz n’a donc d’effet de serre. Mais, dans les basses couches de l’atmosphère, on trouve bel et bien des gaz à effet de serre : le gaz carbonique (CO2, trois atomes par molécule) et la vapeur d’eau (H2O, trois atomes, de quantité variant entre 1 et 4 % selon les circonstances, donc beaucoup plus de vapeur d’eau que de gaz carbonique). Certes, on trouve également du méthane (CH4, il a donc cinq atomes par molécule), mais, comme dit au paragraphe précédent, en quantité si faible que cela rend risibles les plaisanteries qu’on fait constamment sur les vaches qui le produisent – tout comme nous et les autres mammifères !

De ce que j’ai indiqué un peu plus haut, il découle que la vapeur d’eau, bien plus abondante, a une capacité d’effet de serre beaucoup plus puissante que le gaz carbonique. Or personne ne songe à faire de conférences internationales sur le moyen de réduire la concentration de vapeur d’eau dans l’atmosphère. Pourquoi ? D’abord, parce que ce serait impossible : comment empêcher l’eau des mers de s’évaporer ? Ensuite, pour une raison à laquelle j’avoue n’avoir pas songé la première fois que j’ai mentionné cette caractéristique : alors que le gaz carbonique (bien qu’absorbé par les végétaux, le jour, et par les océans, en permanence) a tendance à s’accumuler dans l’atmosphère, la vapeur d’eau, dès que l’hygrométrie dépasse la valeur de 1, provoque sa propre condensation et retombe en pluie, donc quitte l’atmosphère pour rejoindre le sol et les mers, où elle n’a aucun effet de serre, évidemment. Et donc, grosso modo, sa concentration dans l’atmosphère est autorégulée, stable, et ne peut excéder une valeur critique. Ce qui réduit son pouvoir de nuisance !

Ouf ! On ne va pas nous couper l’eau.

Publié dans Sciences, Curiosités

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