Malédiction de la Matinale

Publié le par Yves-André Samère

Malgré l’inconvénient de devoir se lever de très bonne heure pour y participer, la Matinale de France Inter est très recherchée par les commentateurs, car c’est la tranche horaire la plus écoutée, et ceux qui y participent accèdent au statut de vedettes des médias.

En dépit de cela, tout n’y est pas parfait, à cause du journal de sept heures et demie, lequel semble frappé d’une malédiction. Cette rubrique est généralement tenue par une femme, qui donne le résumé des nouvelles développées ultérieurement, à huit heures, et qui s’évertue, jour après jour, à y proférer des âneries. Ainsi, avant-hier, Bernadette Chamonaz nous a révélé que les cimetières français débordaient de résidents, et que cela tombait bien « en ce Jour des Morts ». Pas de veine, dimanche, c’était la Toussaint, et cette confusion classique dans le calendrier commence à devenir fatigante. Ce matin, Hélène Roussel s’y collait, et, avant de nous faire savoir qu’à Rome, la Fontaine de Trevi, après des années de travaux, « s’est refaite une beauté », avait traité la grande affaire du jour : la remise du Prix Goncourt à un lauréat encore inconnu. Et elle souligna que ce prix était bon à prendre, car « il fait vendre ». Et elle a cité le roman de Joel Dicker sorti l’année dernière, La vérité sur l’affaire Harry Quebert, qui se serait vendu à huit cent mille exemplaires. L’ennui est que ce livre n’a jamais eu le prix Goncourt ! Il n’a décroché que le Grand prix du roman de l’Académie française et le Prix Goncourt des lycéens, qui n’a rien à voir avec son presque homonyme et ne fait certes pas vendre autant.

Si France Inter avait un vrai patron capable de prendre des décisions, ces boulettes ne se reproduiraient pas chaque matin, et les fautifs seraient invités à rejoindre fissa le service des archives, où ils apprendraient peut-être, enfin, quelque chose.

Publié dans Radio, Absurdités

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