Sur France 2 : « Un fils »

Publié le par Yves-André Samère

On espérait que France Télévisions, qui a récemment produit quelques documentaires et téléfilms de qualité, quoique pas assez, redresserait enfin la barre, mais le téléfilm visionné hier soir sur France 2 laisse quelques doutes. Cela s’intitulait Un fils, c’était réalisé par Alain Berliner, et la seule vedette en était Michèle Laroque, qui joue habituellement des personnages comiques, mais tenait ici un rôle dramatique, celui d’une mère découvrant que son fils a violé une fille au cours d’une « fête » (cela s’appelle ainsi) entre lycéens. La fille accusait, le fils prétendait qu’elle avait été consentante, mais cet idiot avait filmé la séance sur son téléphone et s’était absurdement abstenu de détruire la preuve. Explication à la sauce psy : il souhaitait être confondu afin de payer son forfait.

Dans ce genre de fiction, on s’attend, parce que c’est la règle, à un retournement de situation à l’épilogue, et cette perspective excite votre curiosité : comment la scénariste Raphaëlle Roudaut va-t-elle s’y prendre pour renverser la situation, qui est inextricable ? Eh bien, c’est tout simple, elle ne la renverse pas ! Et le coupable se contente de dire qu’il a écrit une lettre à sa victime pour lui « demander pardon ». De sorte que toute la famille du violeur, père, mère, frère et sœur, est bien contente.

La curiosité, c’est que le rôle dudit violeur était tenu par Maxence Perrin, âgé de dix-neuf ans, le fils de Jacques Perrin, qui a débuté dans Les choristes, film au scénario absurde – produit par son père comme les deux autres longs-métrages où il est paru, le monde est merveilleux. Ce navet, qui n’était que le remake d’un vieux film avec les Petits Chanteurs à la Croix de Bois, a connu un succès injustifié, surtout grâce au jeune chanteur Jean-Baptiste Maunier, interprète de la rengaine vedette du film. Ce Maxence, ainsi prénommé parce que son père portait ce prénom dans Les demoiselles de Rochefort, n’est ni beau ni talentueux, et je ne lui prédis pas une carrière aussi éclatante que celle de son père. Il finira sans doute dans la peau d’un producteur, comme tout le monde.

Publié dans Télévision, Acteurs, Cinéma

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