Carambolage entre Chirac et Mitterrand

Publié le par Yves-André Samère

Au Grand Journal hier soir, Jack Lang est venu faire de la retape afin de vendre un peu son dernier livre au titre ridicule, Le dictionnaire amoureux de Mitterrand. Stupéfiant ! Comment peut-on être amoureux de Mitterrand, qui, de tous les présidents de la Cinquième République, a été le plus antipathique, le plus incapable, le plus menteur, le plus méchant, le plus sournois, le plus vaniteux, le plus guindé dans sa morgue ? En réalité, Mitterrand relève du mythe, un thème que je développerai ultérieurement, et que je complèterai par quelques épisodes de la série Déboulonnons, car la matière ne manque pas. En attendant, vous pouvez toujours lire ou relire ce que j’avais écrit sur les trois suicides qu’il a provoqués par son absence d’humanité, ou sur sa tentative d’envoyer en cour d’assises – quand la peine de mort existait encore – son propre complice dans le faux attentat de l’Observatoire, une affaire qui lui a coûté la perte de son immunité parlementaire alors qu’il était sénateur.

Politiquement, son bilan est quasiment nul, car les deux seules réussites de son septennat, l’abolition de la peine de mort et la dépénalisation de l’homosexualité, il la doit à ses ministres. Car enfin, il a eu de bons ministres, on ne peut pas dire le contraire : Mauroy était droit et dévoué ; Badinter était l’incarnation même de la justice ; Rocard, contre lequel il s’acharnait par jalousie, personnifiait l’honnêteté et l’intelligence ; Fabius a une compétence universelle, notamment en politique étrangère ; Michel Crépeau a été un bon ministre de l’Environnement ; Charles Fiterman, un bon ministre des Transports ; Gaston Defferre, en dépit de son côté malhonnête, a été un ministre de l’Intérieur parfait ; et, en dépit de ses ridicules et de sa prétention, Jack Lang a été un très bon ministre de la Culture (moins bon à l’Éducation nationale), et il a positivement sauvé les libraires. Seuls ont été franchement mauvais Bernard Tapie, absurdement doté d’un ministère dont il s’est servi pour se remplir les poches, et cette pauvre Édith Cresson, qui a tenu moins d’un an comme Premier ministre tant elle était nulle.

Lang, hier, s’en est pris à William Karel, auteur d’un documentaire qui passait le soir même sur Arte, en même temps que l’excellent documentaire sur Chirac, par le plus grand des hasards. Il a prétendu que Karel avait fait un film « à charge » et malhonnête, ce qui m’étonnerait (je vous dirai ce que j’en pense quand je l’aurai vu), or il est apparu flagrant que, de ces deux présidents, Chirac et Mitterrand, le premier dépassait de beaucoup le second en sincérité, voire en culture – il s’amusait beaucoup à passer pour un inculte, alors qu’il parlait le russe et avait une réputation d’expert international dans le domaine des arts orientaux.

Publié dans Télévision, Politique

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Julien 17/12/2015 09:21

Venant de toi, j'ai du mal à comprendre "Gaston Defferre, en dépit de son côté malhonnête, a été un ministre de l’Intérieur parfait".

Yves-André Samère 17/12/2015 09:47

On peut être capable professionnellement, ce qu’était Defferre, et être un malfrat en privé. Comme ministre, il n’a commis aucune faute. Les exemples ne manquent pas. Fouché en était un. Colbert aussi. Et si on étend cela à la littérature, Voltaire était un grand écrivain, mais une canaille dans la vie privée.

DOMINIQUE 15/12/2015 21:37

Oui, on a appris, après sa retraite, que Chirac était une sommité en matière d'art oriental. On est loin du cul des vaches !
Rien à voir -quoique- mais je ne savais pas du tout que Malraux était affligé de la maladie de Gilles de la Tourette. Pratique, pour un homme public.

Yves-André Samère 16/12/2015 09:25

Chez Malraux, ça doit expliquer son « Entre ici, Jean Moulin » !