Pour en finir avec la crèche de Noël

Publié le par Yves-André Samère

Deux fois seulement, en 2012 et ce mois-ci, j’ai parlé de la crèche de Noël. Or, ce matin, dans la Matinale de France Inter, on avait invité un préfet de je ne sais plus quel endroit, ainsi que Régis Debray, écrivain et penseur tous azimuts, puisqu’il a réussi à être successivement compagnon de guerre de Che Guevara et partisan de Mitterrand. Un peu comme si Marguerite Duras avait été romancière et membre de la troupe des Bluebell Girls du Lido.

Et voilà-t-il pas qu’une auditrice, au téléphone, interpelle les deux invités pour leur dire qu’elle en a marre de ces mairies qui organisent des crèches de Noël dans les locaux municipaux. Le préfet, à cause de sa fonction, s’abstient de prendre position, mais Debray, qui visiblement en pince pour les crèches, se réfugie dans l’argument sans cesse ressorti dans ces occasions : que la France est un vieux pays avec plein de coutumes vachement chouettes, qu’on ne peut pas balayer d’un trait de plume. Conclusion, gardons tout et fichons la paix à l’Église catholique.

Je veux bien qu’on fiche la paix à l’Église catholique, à condition qu’elle-même soit cohérente. L’ennui, c’est que la crèche n’a AUCUNE justification religieuse. La dernière fois que j’ai abordé ce sujet, ne voulant pas être pédant à force de citations, je n’ai pas transcrit le seul et unique fragment de la Bible qui évoque la naissance de Jésus. Il s’agit du chapitre 2 de l’évangile de Mathieu, versets 1 à 12, que je me suis contenté de résumer. Voici donc ce texte, cette fois, dans son intégralité :

2.1. Jésus étant né à Bethléhem en Judée, au temps du roi Hérode, voici, des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem,

2.2. et dirent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu une étoile en Orient, et nous sommes venus pour l’adorer. »

2.3. Le roi Hérode, ayant appris cela, fut troublé, et tout Jérusalem avec lui.

2.4. Il assembla tous les principaux prêtres et les scribes du peuple, et il s’informa auprès d’eux où devait naître le Christ.

2.5. Ils lui dirent : « À Bethléhem en Judée ; car voici ce qui a été écrit par le prophète :

2.6. “Et toi, Bethléhem, terre de Juda, Tu n’es certes pas la moindre entre les principales villes de Juda, Car de toi sortira un chef Qui paîtra Israël, mon peuple”. »

2.7. Alors Hérode fit appeler en secret les mages, et s’enquit soigneusement auprès d’eux depuis combien de temps l’étoile brillait.

2.8. Puis il les envoya à Bethléhem, en disant : « Allez, et prenez des informations exactes sur le petit enfant ; quand vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j’aille moi aussi l’adorer. »

2.9. Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici, l’étoile qu’ils avaient vue en Orient marchait devant eux jusqu’à ce qu’étant arrivée au-dessus du lieu où était le petit enfant, elle s’arrêta.

2.10. Quand ils aperçurent l’étoile, ils furent saisis d’une très grande joie.

2.11. Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l’adorèrent ; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

2.12. Puis, divinement avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

FIN de l’histoire de « la crèche », histoire à laquelle je n’ai pas changé une virgule.

Bilan : pas de rois ; ils ne sont pas trois ; ils n’ont pas de nom ; pas d’étable ; pas de Joseph, ni de bœuf, ni d’âne gris ; encore moins de paille.

Pourquoi, dans ce cas, les églises fabriquent-elles et abritent-elles chaque année une crèche ? Parce que le bon peuple veut du merveilleux, que si on ne lui en fournit pas, il boudera les offices, et que les recettes diminueront.

Publié dans Religion, Bobards

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Danièle 30/12/2015 14:34

Et peut-être même qu'il bouddhera.

Yves-André Samère 30/12/2015 14:50

Pourquoi pas ? Le Dalaï-Lama est tout de même plus marrant.