Extension du charabia

Publié le par Yves-André Samère

Vous savez la considération et la chaude amitié que je porte aux faiseurs de sous-titres, qui enrichissent puissamment nos connaissances en vocabulaire, grammaire, syntaxe, e tutti quanti. C’est pourquoi je veux exprimer toute mon admiration envers l’auteur des sous-titres du film que j’ai vu aujourd’hui.

Il s’agissait d’un film québécois, intitulé Chorus. Les Québécois ont des qualités et des défauts, contrairement aux Français, qui ont oublié d’avoir les premières. La principale qualité des Québécois est leur respect, allant jusqu’à la maniaquerie, de la langue française. Leur principal défaut, outre l’exportation des chanteuses qui crient, c’est leur accent qui, tout pittoresque qu’il est, ne facilite pas vraiment la compréhension des propos qu’ils tiennent. C’est pourquoi les films québécois, quoique parlant français, sont souvent sous-titrés... en français ! Eh oui.

Donc, dans le film que j’ai vu, j’ai relevé quelques perles, dont j’ai retenu les deux suivantes.

D’abord, un homme s’adresse à un enfant, pour lui demander « Souffres-tu ? ». On entend parfaitement la réplique, qui est par ailleurs rigoureusement correcte – et qui, soit dit en passant, n’avait donc aucun besoin d’être sous-titrée. Mais le sous-titreur de service a cru bon de la modifier dans son texte, qu’il rédige « Est-ce que tu souffres ? ». C’est aussi correct, mais un peu moins élégant et surtout, parfaitement inutile. Mais il y a mieux.

La seconde réplique que j’ai relevée est dite par une femme âgée, discutant avec sa fille, et lui faisant remarquer « C’est de toi que je parle ». Et là encore, rien à dire, c’est sans reproches. Mais le sous-titreur transforme la réplique et lui fait dire « C’est DE toi DONT je parle ». Il ajoute par conséquent une faute de français dans une phrase qui était irréprochable.

Ce sous-titreur ne doit pas être québécois. Devinez sa nationalité !

Publié dans Cinéma, Langue française

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