Honnêteté des critiques de cinéma

Publié le par Yves-André Samère

Naïf, le public cinéphile croit volontiers que les critiques de cinéma aiment le cinéma. Or les critiques s’attendent, avant qu’un film sorte, à être INVITÉS à l’une des projections réservées à la presse. Et si un cinéaste a l’audace effroyable de ne pas faire de projections de presse, comme Luc Besson qui n’en fait jamais car il sait d’avance qu’on va le traîner dans la boue, ces messieurs se vengent en ne parlant pas du film dans leur canard.

Un exemple : Le masque et la plume, sur France Inter, emploie chaque quinzaine quatre critiques de cinéma, pas forcément les mêmes, et qui sont invités partout. Or ces messieurs-dames ne vont jamais voir les films en salles, avec le vulgum pecus, puisque les salles de projection pour la presse leur sont ouvertes. Il faut dire qu’on y est tellement mieux ! Les fauteuils, profonds, sont en cuir, et il y a souvent une buvette en sortant, quand ce n’est pas un cocktail. Je vous conseille les projections de presse aux Films 13, chez Claude Lelouch, l’endroit ruisselle de fric – j’y suis allé. En prime, on vous donne à votre arrivée un luxueux dossier de presse en quadricolor sur papier glacé, contenant tous les détails qui vous aideront à rédiger votre compte-rendu. Vous n’avez plus qu’à recopier.

À ma connaissance, des critiques de France Inter, seul Alain Riou va toujours voir les films en salles. Mais Riou ne fait rien comme tout le monde, et il a souvent prétendu qu’il détestait les chefs-d’œuvre. Naturellement, c’est un pince-sans-rire. Mais il a du jugement, et ne suit aucune mode. Il me rappelle quelqu’un.

Publié dans Cinéma, Médias, Mœurs, Paris

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J
Coming out ! S'toi Alain Riou !!!
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Y
Navré, je ne comprends pas l’expression « S’toi ». Tu as les sous-titres ?