Jésus « vu » (pas vraiment) par les historiens

Publié le par Yves-André Samère

Comme annoncé, voici le détail de ce que les historiens du début de notre ère ont écrit, et qui semble justifier la croyance en l’existence de Jésus. Tous ont en commun d’avoir été romains et d’être nés, voyez les dates ci-dessous, après la mort présumée du supposé fils de Dieu, donc, de n’avoir pas été témoins directs de ce qu’ils relataient.

Il y a d’abord Tacite (58-120 environ), qui a publié les Annales ; Suétone (70-130), célèbre pour sa Vie des douze Césars ; et Pline le Jeune (61-112), qui a effleuré le sujet dans une lettre à l’empereur Trajan. Aucun des trois n’écrit le nom de Jésus, qu’ils semblent ignorer, et ne mentionnent qu’un christos, un christus ou un chrestus – et je vous rappelle que ce n’est PAS un nom propre, comme le croit les ignares, mais un nom commun désignant un personnage qui serait à la fois chef politique et chef religieux, équivalent du mot hébreu mashia’h. Personnage qui n’a existé nulle part, en dehors du monde islamique. C’est la tradition chrétienne, instaurée ultérieurement, qui associe Jésus et christ, et lui-même interdisait à ses apôtres de le désigner ainsi ! Lisez les textes... Il n’est du reste pas étonnant que ces trois historiens aient ignoré son nom, Jésus n’ayant aucun tombeau et, bien sûr, étant resté ignoré de l’état-civil romain.

Donc, laissons de côté Tacite, Suétone et Pline le Jeune, et passons à Flavius Josèphe, constamment cité parce qu’il existe, dans le livre XVIII de ses Antiquités juives, publié au début des années 90, un passage assez curieux. Flavius Josèphe était un historien juif (37-100 environ), qui n’a pas non plus connu Jésus – eh oui, PERSONNE ne l’a connu, en fin de compte ! Ce Josèphe avait été un général de la résistance juive, mais s’était rallié aux Romains. Ce passage est familier des exégètes, sous l’appellation de testimonium flavianum (« témoignage flavien »). On n’en possède pas l’original, et il est généralement considéré comme inauthentique, car invraisemblable en raison de son contenu, beaucoup trop favorable à Jésus de la part d’un partisan des Romains, et dont la forme, techniquement, ne « colle pas », car c’est une incise dans le chapitre où il figure, sans aucun rapport avec les deux paragraphes qui l’encadrent. En outre, les Pères de l’Église ne le citent jamais avant 325, alors que, s’ils en avaient eu connaissance, ils en auraient profité ! De là à conclure que c’est l’œuvre d’un copiste trop zélé, à une époque où tous les livres étaient recopiés à la main, il n’y a qu’un pas, que pour ma part je franchis sans hésiter.

Mais jugez vous-même l’extravagance de ce témoignage, car le voici :

Vers le même temps survint Jésus, habile homme si du moins il faut le dire homme. Il était en effet faiseur de prodiges, et maître des hommes qui reçoivent avec plaisir des vérités. Il se gagna beaucoup de Juifs et aussi beaucoup du monde hellénique. Le Christ, c’était lui. Et, Pilate l’ayant condamné à la croix, selon l’indication des premiers d’entre nous, ceux qui avaient été satisfaits au début ne cessèrent pas. Il leur apparut en effet le troisième jour, vivant à nouveau, les divins prophètes ayant prédit ces choses étonnantes et dix mille autres merveilles à son sujet. Et jusqu’à présent la race des chrétiens, dénommée d’après lui, n’a pas disparu.

Jamais un non-chrétien n’aurait écrit tout cela !

Publié dans Histoire, Religion

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :