Chronique coagulante

Publié le par Yves-André Samère

Il y a quatre jours, une analyse de sang a révélé que mon taux de plaquettes était tombé assez bas, et une autre analyse faite ce matin a confirmé. En accord avec le docteur de la maison, il a été convenu que nous arrêterions les piqûres d’anticoagulant, qui anticoagule trop ! Je ne pourrai donc pas dire, comme Cyrano, « Mon sang se coagule / À l’idée qu’on y peut changer une virgule ». Si la prochaine analyse, prévue pour lundi 28, ne signale aucun changement dans la composition de mon sang, je quitterai la maison de convalescence et rentrerai chez moi. Il y aura donc :

- ce que je ne regretterai pas : au contraire des trois élèves-infirmières, Laure, Pascale et Chloé, qui font très bien les piqûres, je serai débarrassé de l’infirmière-chef, qui ne sait pas les faire ! Censée opérer des injections sous-cutanées, pour lesquelles on doit pincer la peau et enfoncer l’aiguille dans le repli ainsi obtenu (ce qui est totalement indolore), cette, euh... piquée me l’a douloureusement plantée perpendiculairement à la cuisse, comme pour une intramusculaire, argüant qu’elle n’avait pas appris à les faire autrement. Il y en a qui ferait bien de reprendre leurs études. En outre, cette fliquesse en jupons se permet de perquisitionner dans votre chambre et de vous confisquer les médicaments que vous pourriez avoir conservés, alors qu’ils vous ont été fournis par les propres soignantes de la maison. Je ne regretterai pas non plus les repas Sodexo, dont un chien ne voudrait pas, ce qui m’a incité à sortir pour me ravitailler à l’Intermarché du quartier (des petits pains au chocolat, le régime Copé) ;

- ce que je regretterai : la gentillesse et la disponibilité de TOUS les autres personnels, y compris le médecin. Je les fais rire, et on s’amuse bien. Notamment le jeune kinésithérapeute prénommé Benoît, avec lequel nous faisons des duels au cours desquels il tente de me déséquilibrer, puisqu’on traite mon défaut de stabilité verticale. Tous deux juchés sur des coussins, le but étant de faire vaciller son adversaire via une barre que nous tenions à deux mains (si vous le voulez bien), j’ai remporté la dernière manche, vu que, même les yeux fermés, je lui ai presque fait mordre la poussière !

- ce que je déplore : il est question de me ramener chez moi en ambulance, comme si je ne pouvais pas prendre le train. La Sécurité sociale et les contribuables me diront merci. Un détail : lorsqu’un taxi m’a conduit ici, le compteur indiquait un peu plus de 70 euros ; avec une ambulance, il faudra renforcer la note du salaire de l’ambulancier. Alors qu’un aller-simple en train coûte... 6,90 euros. Envoyez la facture à ma tante Liliane.

Publié dans Santé, Curiosités

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 22/03/2016 07:47

Il y a un "don" pour les piqûres, l'infirmière l'a, ou pas.
J'ai eu des tas de prises de sang gamine, sans aucun problème, et une fois j'ai failli m'évanouir tellement j'ai eu mal. L'infirmière patouillait dans ma veine, sans arriver à bien piquer.
Hum. La première femme à entrer dans le club très fermé du CAC 40 est... la patronne de Sodexo.

Yves-André Samère 22/03/2016 09:23

Je ne savais pas que cet escroc était une femme. Pourtant, on dit que les femmes connaissent bien la cuisine.

Pour ce qui est du « don » pour les piqûres, si on ne l’a pas, on peut apprendre.