Contre-temps

Publié le par Yves-André Samère

C’est assez farce, mais, dans la maison de convalescence où mon immense fortune me permet de séjourner en évitant de faire quoi que ce soit, et qui dispose d’un personnel pléthorique et dévoué, nul n’imagine que je sois capable de me débrouiller tout seul. Je me souviens encore de l’intense stupéfaction mêlée de scandale, lorsque la femme de chambre a découvert que j’avais fait mon lit sans recourir à ses bons offices. Ben oui, j’ai été interne (pas de médecine, mais dans un internat), donc je SAIS faire mon lit !

Il y a aussi le gag des volets. Ma chambre est munie d’une porte-fenêtre, munie par ailleurs d’un garde-fou pour que je ne tombe pas dans le jardin – je suppose –, et les volets en sont automatiques, puisque je peux les ouvrir ou les fermer en appuyant sur un bouton. Eh bien, chaque matin vers sept heures, une infirmière surgit dans ma chambre, et son premier geste est de se précipiter sur les volets pour les ouvrir. Je n’ai jamais pu faire comprendre que je souhaitais, à cette heure matutinale, les garder fermés, surtout quand le temps est mausssade trois jours sur quatre. Il ne me reste plus qu’à sortir de mon lit pour aller refermer ces sacrés volets. Et le soir, alors que je lis tranquillement, volets ouverts, ça ne rate pas, une infirmière vient les fermer sans que je lui réclame quoi que ce soit, car cela doit être mentionné dans le catéchisme de la maison : le soir, on FERME les volets.

Je ne peux même pas engueuler ces bonnes fées un peu casse-pieds, tant elles sont obligeantes et polies. Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions.

Publié dans Curiosités, Absurdités, Santé

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Avec cette histoire de volets, on se croirait dans un château anglais, quand la femme de chambre le matin ouvre les rideaux et allume le feu dans la cheminée. Avez-vous un lit à baldaquin ?
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Y
Pas encore, mais je vais en demander un. Parce que je le vaux bien.