Les dix ans de Twitter

Publié le par Yves-André Samère

Parce que, pour rester dans le ton de la journée au cours de laquelle France Inter a invité des lycéens afin de participer à la fabrication de ses programmes, Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek ont encombré leur émission quotidienne Si tu écoutes, j’annule tout avec un quarteron de potaches nés en 2001, Charline a demandé à l’une des potachesses ce qu’elle pensait des attentats récents, et comment elle avait réagi. Réponse de ladite, truffée des indispensables « Voilà ! » sans lesquels il est impossible d’aligner trois mots : « Ben, j’ai retweeté des trucs, pour faire voir aux gens qu’on était avec eux ». Inoubliable, cette phrase sera certainement gravée un jour dans le marbre, de préférence au Panthéon, j’espère. Nos deux aimables humoriste belges ont dû sélectionner les premiers de la classe.

Ah, Twitter !

Il paraît que ce réseau, qu’on s’obstine à qualifier de « social » et qui vient d’avoir dix ans, serait à la traîne de son principal concurrent (en Occident), à savoir Facebook. Il est vrai que beaucoup de ceux qui se sont laissé tenter par cette tribune où les discours doivent être rédigés en cent quarante caractères commence à décliner, parce que, en dix ans, des gens à l’esprit rapide finissent par s’apercevoir qu’on ne peut rien exprimer en une phrase aussi courte. Et c’est la marque de la décadence du personnel politique que tant de ses représentants ne donnent plus leur opinion que par ce canal à sec.

Vous vous souvenez de cet incident, Valérie Trierweiler exprimant son soutien à un candidat aux élections législatives de La Rochelle, un nommé Falorni, parce qu’il voulait se présenter là où Ségolène Royal ambitionnait d’emporter le morceau ? Il a d’ailleurs gagné, et son parti a failli l’exclure pour ce crime. Mais pour la prétendue « première dame » de l’époque, cette perfidie avait été le commencement de la fin, et Hollande n’avait pas trop tardé à la larguer, via l’Agence France Presse, avec cette élégance qui a fait sa renommée. Or, l’important, c’est que la mégère insuffisamment apprivoisée était passée par Twitter pour glisser sa peau de banane sous les pieds de sa rivale.

Voilà donc où en était, déjà, le personnel chargé de faire la France de demain, comme on dit. Et personne, en son sein, n’en a honte.

Publié dans Mœurs, Radio

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