Plouqueries présidentielles

Publié le par Yves-André Samère

Sous la Cinquième République, être élu à la présidence n’empêche pas de se comporter comme un plouc, voire un pignouf. Voici quelques exemples :

- Charles De Gaulle qualifia de « jean-foutres » les chefs d’État et de gouvernement qui ne partageaient pas ses vues sur sa politique étrangère, fustigea « les équipes de la hargne, de la grogne et de la rogne » qui le critiquaient en France même, et qualifia de « chienlit » les manifestants des étudiants de mai 1968 ;

- Georges Pompidou, dans une conférence de presse qui suivit l’éclatement de l’affaire Aranda, traîna dans la boue tous ceux qui avaient répercuté les révélations irréfutables de ce haut fonctionnaire sur la corruption de certains ministres, et, en réaction, ordonna qu’on trouve un procédé qui empêchât de photocopier les documents qui pouvaient gêner le Pouvoir ;

- Valéry Giscard d’Estaing fit arrêter et jeter en prison pour sept mois le journaliste-écrivain Roger Delpey, qui avait publié un livre innocentant Bokassa des massacres d’étudiants en Centrafrique. Et il fit pression sur les membres, tous africains, de la commission qui avaient enquêté sur place au sujet de ces prétendus massacres, si bien qu’ils modifièrent le rapport favorable à Bokassa qu’ils en avaient tiré, et accablèrent le ridicule empereur, que Giscard haïssait après le scandale des diamants. Giscard fit aussi jeter en prison le célèbre photographe Raymond Depardon, pour avoir interviewé au Tchad cette malheureuse ethnologue, Françoise Claustre, que lui-même, Giscard, n’avait en rien aidé pour qu’elle soit libérée par Hissène Habré, son ravisseur ;

- François Mitterrand refusa dédaigneusement de répondre aux questions d’une équipe de journalistes belges, qui tentaient de l’interroger sur les nombreux scandales, dont trois suicides, qui avaient émaillé ses deux septennats. Il interrompit brutalement l’interview, et les fit mettre à la porte de l’Élysée ;

- Jacques Chirac, connu pour son langage vert, fit savoir que Mrs Thatcher, qui s’opposait à lui au cours d’une réunion européenne, lui « cassait les couilles » ; il se fit également surprendre en tenue d’Adam sur la terrasse du Fort de Brégançon ;

- Nicolas Sarkozy restera dans l’Histoire, principalement pour son « Casse-toi, alors, pauv’ con ! », adressé à un quidam qui avait refusé de lui serrer la main. Mais il y eut aussi cette anecdote, que je pêche dans le François le Petit de Patrick Rambaud : entre l’élection de Hollande à la présidence en mai 2012 et la passation des pouvoirs entre lui et Sarkozy, un abondant courrier était arrivé à l’Élysée, destiné au nouveau président. Mais Sarkozy, avant de lui laisser la place, fit passer à la broyeuse toutes les lettres adressées à son successeur ;

- François Hollande, enfin, qui trompait Valérie Trieweiler depuis deux ans avec Julie Gayet, ne le lui avoua que lorsqu’il eut en main le magazine, à paraître le lendemain, qui révélait sa grotesque aventure en scooter rue du Cirque. Une querelle éclata entre les deux amants, et il rompit avec elle par un message de dix-sept mots, courageusement envoyé à... l’Agence France Presse !

Publié dans Politique, Curiosités

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