Travailler plus pour gagner plus ?

Publié le par Yves-André Samère

Je ne connais rien au droit du travail. Pour tout dire, je ne connais rien non plus au travail lui-même, et me contenterai de rappeler que ce mot, travail, vient de deux termes, latin et grec, désignant un instrument de torture, ce qui le dévalorise un peu. Et comme j’évite de parler des sujets auxquels je ne connais rien, je ne commenterai pas le projet de loi sur le travail de Myriam El Khomri – « El Connerie », comme a dit le délicat Bernard Debré, professeur de médecine, député et ancien ministre de la Coopération.

En revanche, tout un chacun peut donner son opinion sur ce slogan que Sarkozy radotait, à l’époque où il faisait concurrence (et fournissait de la matière) aux humoristes : travailler plus pour gagner plus. En apparence, cette maxime semblait frappée au coin du bon sens ; en réalité, elle était stupide, et, pour s’en rendre compte, il suffisait, 1. de réfléchir un peu, et 2. de jeter un coup d’œil sur les pays voisins.

Si l’on réfléchissait un peu, on comprenait immédiatement que quelqu’un qui a déjà du travail, au cas où il se mettrait à travailler davantage, réduira forcément la part que pourraient se répartir ceux qui n’en ont pas, ou pas encore. Conséquence immédiate et tout à fait évidente, le chômage va augmenter !

Et si l’on considère ce qui se passe chez nos voisins, on constate qu’en Suisse, en Belgique, aux Pays-Bas et dans les pays scandinaves, ces pays qui n’avaient pas la chance de posséder un Sarkozy, le contraire avait été fait : en répartissant plus équitablement le travail, le nombre des chômeurs y diminuait, si bien que le niveau de vie global augmentait ! Chez nous, au contraire, Sarkozy avait eu l’idée géniale, dans la dernière année de son règne, de subventionner les heures supplémentaires, ce qui avait empêché la création de dizaines de milliers d’emplois, et, dans la foulée, de creuser le déficit public, puisque ces subventions, il fallait bien les financer.

Le gendre de Karl Marx, Paul Lafargue, publia en 1886 dans une feuille de gauche, « Le Socialiste », un long texte, Le droit à la paresse, qui tirait à boulet rouges sur la religion du Capital, sans oublier de manier l’ironie. Entre autres, on pouvait y lire ceci : « Le travail éreinte, tue et n’enrichit pas : on amasse de la fortune, non pas en travaillant, mais en faisant travailler les autres ». Ce qui nous ramène à mon point de départ, en quelque sorte.

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