Casse-pieds téléphoniques

Publié le par Yves-André Samère

Midi, mon téléphone sonne. Comme le numéro qui s’affiche a déjà carillonné deux ou trois fois en mon absence, je décroche, par simple curiosité. Une voix féminine commence par me demander si je suis bien moi, puis elle continue : « Bonjour, monsieur, je suis votre conseillère CanalSat... ». Attendu que je connais la suite par cœur, je lui coupe la parole, dis que je ne veux rien avoir à faire avec CanalSat, et je raccroche.

Si j’avais pris au sérieux ce mot de conseillère, j’aurais pu sauter sur l’occasion, et demander un conseil sur le moyen de ne plus être dérangé par les casse-pieds. Or, depuis des années que cela dure, je sais très bien que mon interlocuteur-trice n’a aucun pouvoir, et surtout pas celui de supprimer mon nom de la liste des clients à relancer. Donc mieux vaut couper court.

Quand même, « conseillère » ! Toujours l’inflation verbale : les concierges sont des gardiennes d’immeuble, les femmes de ménage sont des techniciennes de surface, les instituteurs sont des professeurs des écoles, et les politiciens au rancart sont des candidats à la présidence de la République. En fait de conseil, la pauvre fille fait du démarchage téléphonique pour un patron qui ne s’intéresse qu’à mon portefeuille, et voilà tout.

Mais je vous entends d’ici : « Tu n’as qu’à, graîne de courge, interdire le numéro du casse-pieds qui t’appelle ! ». D’abord, je ne vous permets par de m’appeler « graîne de courge » ; ensuite, je connais le truc depuis des années, mais il ne peut pas fonctionner, car le casse-pieds, qui connaît ses classiques, change de numéro à chaque nouvelle campagne. Parfois, il raffine et utilise un numéro censé provenir de l’étranger, via un trucage dont hélas j’ignore le fonctionnement. Mais si vous en savez davantage, vous pouvez toujours, euh... me téléphoner !

Publié dans Mœurs

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 02/04/2016 15:52

Ayant travaillé par hasard en qualité de secrétaire dans un centre téléphonique de démarchage, je sais à quel point la téléprospection est un travail on ne peut plus ingrat. Alors, quand je réponds à ce genre d'appel j'essaie d'être le plus courtoise possible, mais très ferme. J'avoue que si c'est pendant ma sieste ou pendant le déjeuner, là, j'avoue être plus ferme que courtoise.

Yves-André Samère 02/04/2016 16:37

Moi aussi. Mais c’est la répétition des appels qui me met en boule.