Erreurs et faux raccords

Publié le par Yves-André Samère

Modeste comme vous me savez, je ne me reconnais aucune qualité particulière. Néanmoins, je remarque souvent des détails qui échappent à la majorité de mes frères humains, et je tente volontiers de le leur faire partager. Ce qui me vaut d’être qualifié de « pinailleur » de la part de mes bons amis. Mais enfin, qu’est-ce qui vaut le mieux ? Pinailler, ou gober tout ?

Inévitablement, c’est dans le domaine du cinéma que peu de choses m’échappent et nourrissent mon iconoclastie maladive. Ainsi, ceux qui me lisent se souviennent peut-être que je m’étais insolemment marré d’avoir déniché, dans un film d’un réalisateur mondialement connu et admiré, une faute de prononciation proféré par l’acteur le plus estimé de France, Gérard Philipe.

Eh bien, hier soir, en regardant à la télévision La salamandre, film du réalisateur suisse Alain Tanner, très estimé lui aussi, j’ai relevé un détail qu’on qualifie de « faux raccord » dans les milieux du cinéma. Plusieurs scènes se passaient dans un magasin de chaussures, à divers moments de l’histoire et du récit qui en était fait. Plus précisément, devant la caisse, derrière laquelle trônait la patronne. Or, quelle que fut l’époque de la scène, on voyait parfaitement que l’écran de la caisse affichait obstinément le même prix, 15,50 francs suisses. Vous pensez vraiment que, dans ce magasin, on vendait toutes les godasses à ce prix ?

C’est mineur, je le sais bien, mais cela m’amuse de constater que ni le réalisateur, ni l’accessoiriste, ni le directeur de la photo, ni les trois acteurs de la scène ne s’en sont aperçu. Quant aux spectateurs du film et aux critiques qui l’ont louangé, ils sont sans doute moins pinailleurs que votre (très humble) serviteur !

Si ce sport vous intéresse, je vous conseille la série Faux raccords, qui passait durant des années sur le site allocine.fr. En 150 épisodes, les deux mal élevés qui la pilotaient se sont payés la tête de tout le monde, y compris du sacro-saint Kubrick, qui semait des erreurs de mise en scène (ICI et ) dans tous ses films.

Publié dans Cinéma, Curiosités, Humour

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Denis 31/05/2016 10:48

Une pinaille en vaut une autre : il me semble que la tournure

"C’est mineur, je le sais bien, mais cela m’amuse de constater que ni le réalisateur, ni l’accessoiriste, ni le directeur de la photo, ni les trois acteurs de la scène n’y ont vu que du feu. "

est impropre. On devrait dire :

"cela m’amuse de constater que le réalisateur, l'accessoiriste, le directeur de la photo et les trois acteurs n'y ont vu que du feu.".

Ça faisait beaucoup de "ni" dans la même phrase !


Et, ultime blâme, votre dyslexie a tenu sa réputation avec le mot "setvieur" !

Yves-André Samère 31/05/2016 11:43

Vrai deux fois. Mais je dois sans doute subir l’influence de Sarkozy, partisan du ni-ni (Peau d’chien ?). Et je corrige tout ça. Merci, naturellement.