Fabuler - Affabuler

Publié le par Yves-André Samère

Cette semaine, en page 6 du « Canard enchaîné », dans l’article littéraire intitulé Hugo à gogo, Jean-Luc Porquet rend compte d’un livre d’Henri Gourdin, Les Hugo, écrit par un homme qui déteste Victor Hugo. Oui, ça existe. Or il écrit ceci : « Sur sa vie, Hugo a énormément enjolivé, affabulé, menti ».

J’ai naguère commis une confusion semblable, par pure ignorance, et un lecteur m’a repris, disant que j’aurais dû écrire « Je ne fabule pas » plutôt que « Je n’affabule pas ». Pour deux raisons : 1. le verbe fabuler signifie « imaginer des histoires fictives et les présenter comme réelles », alors que 2. le verbe affabuler dérive simplement du nom affabulation, qui explique le sens moral d’une fable.

Pour ma défense, je dirais que Michel Onfray a commis la même erreur, puisque l’un de ses livres, qui flingue Sigmund Freud, s’intitule Le crépuscule d’une idole - L’affabulation freudienne !

Vous voyez qu’un philosphe peut servir à quelque chose : justifier mes bourdes (et celles de Jean-Luc Porquet).

(Je précise que les verbes fabuler et affabuler ne sont pas dans le Littré, ni dans le Larousse du Vingtième siècle)

Publié dans Langue française

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :