Boulette chiraquienne

Publié le par Yves-André Samère

Comme avant lui De Gaulle et Mitterrand, le président Jacques Chirac a fait deux mandats présidentiels : un de sept ans, puis un de cinq ans. C’est d’ailleurs lui qui a décidé cette réduction de la durée des mandats, preuve que nous vivons dans une drôle de république.

Or, selon moi, cette réduction a été l’une des grandes boulettes de son règne, les autres étant la reprise des essais nucléaires coïncidant avec l’anniversaire du bombardement d’Hiroshima, la suppression du service militaire, la dissolution d’une Assemblée nationale où il avait la majorité – ce qui lui a valu de devoir prendre un Premier ministre, Lionel Jospin, qui était dans l’opposition, et je vous épargne le cliché de la balle tirée dans le pied, que tout le monde a employé –, et quelques autres broutilles, qui lui valent aujourd’hui d’être l’ancien chef d’État le plus vénéré des Français, comprenne qui peut.

Pourquoi cette réduction de la durée du mandat présidentiel a-t-elle été une bévue majeure ? Parce qu’elle a été complétée par la règle non écrite suivante : que, désormais, les élections législatives devraient suivre l’élection présidentielle. Autrement dit, un mois environ après le choix du nouveau locataire de l’Élysée, les Français doivent retourner aux urnes pour choisir leurs députés. Et comme la durée d’un mandat de député est désormais égale à celle du mandat du président, ce dernier, s’il n’est pas trop bête, est certain de ne pas être trop importuné par les récriminations des membres de son parti. Méthode hypocrite et quasiment infaillible de fabriquer une majorité qui soit favorable au président et lui permette de faire ce qu’il veut.

En effet, l’électeur a désormais tout intérêt à voter pour le parti du président, car il sait que seuls les députés de ce bord obtiendront à peu près tout ce qu’ils veulent, et pourront ainsi arroser leurs électeurs à coups de subventions. C’est l’une des ficelles du métier, celles qui font que, partout dans le monde, la France est tenue pour un pays de charlots.

(Je sais, je sais, ça n’a pas si bien fonctionné avec Hollande, qui s’est mis à dos une bonne partie de sa majorité. Mais je vous épargne aussi l’adage de l’exception qui confirme la règle)

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