Les premiers fours crématoires

Publié le par Yves-André Samère

Cette monstruosité que furent les fours crématoires n’a pas été inventée par les nazis. En fait, ils existaient... deux siècles avant. Et ils sont nés en France ! En Vendée très précisément.

La Vendée, aux yeux des révolutionnaires, apparaissait comme l’un des repaires du cléricalisme, hostile aux Lumières de la Révolution, et cette opinion fut partagée par bien des gens éclairés, ou qui croyaient l’être. Par exemple Michelet, qui n’y voyait que le dépotoir de l’Ancien Régime royaliste. C’était faux : même un partisan de la Révolution comme l’abbé Grégoire a témoigné du contraire, et que la persécution des révolutionnaires, après avoir doublé les impôts appliqués à la région et avoir renforcé la conscription, y a « tout détruit ». À partir de 1793, l’Assemblée ordonna de faire de cette province « le cimetière de la France », et le révolutionnaire Barrère s’écria « Détruisez la Vendée ! ». On ne connaissait pas encore le mot génocide, qui désigne la destruction systématique d’une population pour la seule raison qu’elle existe, mais c’en fut bien un.

Le 31 janvier 1794, l’officier de police Gannet rapporta qu’un certain Anney fit « allumer les fours et, lorsqu’ils furent bien chauffés, il y jette femmes et enfants ». Comme le policier le lui reprochait, il rétorqua que « c’était ainsi que la République voulait faire cuire son pain ». Il paraît que « les cris de ces misérables ont tant diverti les soldats et Turreau qu’ils ont voulu continuer ces plaisirs ». Il y eut vingt-trois femmes brûlées, et les soldats menacèrent de faire subir le même sort aux policiers s’ils tentaient d’imposer leur autorité. Mais il y eut d’autres cas similaires, on ignore combien.

Les Vendéens furent massacrés par dizaines de milliers. Parce qu’ils étaient royalistes ? Pas uniquement. La légende racontait que la Vendée avait été peuplée par une très ancienne tribu, les Colliberts, puis par une peuplade monstrueuse, les Cagots, qui n’avaient pas le droit d’entrer dans les églises par la porte principale, pas le droit de toucher les rambardes des ponts, pas le droit de cultiver la terre, et autres élucubrations qui préfiguraient les sottises servant à persécuter les Juifs en Allemagne nazie.

Le plus fort est que ces persécutions, qui rappelaient les dragonnades contre les protestants faites sous Louis XIV, sont encore censurées ! La Révolution française ? Intouchable ! Il faut bien exporter les produits idéologiques français...

Publié dans Histoire, Politique

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Richard 12/06/2016 12:36

En Béarn les Cagots était nombreux. D'origine diverses de "peuples vaincus", comme les Wisigoths ou rejeté d'Espagne âpres la "Reconquista" Berbères convertis de force, peut être aussi Juifs chassés par Isabelle la Catholique. Enfin parias de tous bord, que l'on retrouve partout en Gascogne et dont pourquoi pas, une partie aurait pu s'installer en Vendée pour avoir la "paix"

Yves-André Samère 12/06/2016 12:51

Une riche idée, que d’aller s’installer à cet endroit !

J'ai raison. 25/05/2016 20:03

Dixième ligne, 1793 non? Pareil (1794) un peu plus bas.

Yves-André Samère 25/05/2016 23:00

Corrigé. Merci. Ma fichue dyslexie, qui me fait inverser deux caractères sur trois.

DOMINIQUE 25/05/2016 19:43

Dans le Sud-Ouest, en effet, il y avait des "cagots", et même dans certaines églises "la porte des cagots". Il se disait qu'en effet ce peuple avait existé. Je n'ai pas approfondi plus que ça la question.

Yves-André Samère 25/05/2016 22:58

C’est mentionné dans un livre d’un historien sérieux.