Lire les « bons » journaux

Publié le par Yves-André Samère

(Attention, cet article contient quelques traces de philosophie. Déconseillé aux enfants)

J’aime trouver ici des commentaires à mes petits écrits. D’abord, parce que certains de mes lecteurs sont des amis personnels. Ensuite, parce que j’ai plaisir à leur répondre. Enfin, parce que c’est pour moi une occasion de réfléchir sur ma façon de penser. Ainsi, il y a quelques jours, en réponse à une notule où je disais quelques mots gentils sur l’hebdomadaire « Valeurs actuelles », mon ami Damien s’est étonné : il ignorait que je lisais ce journal très à droite, dont les idoles sont Sarkozy et Zemmour.

Je ne suis pas de droite, je le répète assez souvent. Mais pourquoi quelqu’un qui pense à gauche devrait-il s’abstenir de lire des journaux dont il ne partage pas les opinions ? Durant des décennies, les communistes ne lisaient que « L’Humanité », pas « Le Figaro », alors que les gens de droite étaient rarement abonnés au « Canard enchaîné » ou à « Libération ». Pourquoi ?

La raison me paraît être celle-ci : l’être humain lit principalement les publications qui confortent les opinions qu’il a déjà ! Et, dans ses lectures, il recherche une confirmation de ce qu’il pense, pas la contradiction à ses idées. Comme disait un personnage de Gilbert Cesbron (je crois que c’était dans l’excellent roman Notre prison est un royaume), « On ne sait pas quoi penser quand on n’a pas son journal habituel ». Bien vu. Quoique cela rend inutile la lecture des journaux qui nous sont sympathiques !

Il se trouve que les textes contraires à mes idées me fournissent des arguments pour affûter mon raisonnement, si j’ose ce langage prétentieux. Je crois que j’aurais aimé être avocat, pour tailler en pièces la partie adverse.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 15/05/2016 11:52

"On ne combat bien que ce que l'on connaît". Si on ignore l'opinion et les arguments de ceux qui sont à l'opposée de vos convictions, comment argumenter contre eux ?
Comme dirait ma grand-mère "tout fait ventre" (elle parlait de la soupe aux orties).

Yves-André Samère 15/05/2016 11:59

C’est bien ce que j’ai voulu dire. Et durant les dernières guerres (Indochine et Algérie), les chefs de l’armée française lisaient les écrits des intellectuels du camp d’en face, notamment Ho Chi Minh.