Partout des « polars » !

Publié le par Yves-André Samère

Les bourdes de France Inter sont célèbres et très recherchées des gourmets. En avril 2008 était sorti un film de Gus Van Sant, réalisateur exagérément estimé, Paranoid Park. Or France Inter parrainait le film, avec ce flair infaillible qui lui fait élire, chaque fois, un navet. Cette radio lui faisait donc de la publicité, et cette publicité en parlait comme d’un « polar ». Admirable ! Ces gens n’avaient pas vu le film qu’ils voulaient vendre.

Paranoid Park raconte comment un garçon de seize ans a provoqué un accident sur une voie ferrée : un employé des chemins de fer, qui le poursuivait pour s’être introduit clandestinement et nuitamment sur l’espace de la gare, est tombé sur les rails et a été coupé en deux par un train qui passait à ce moment-là. La suite du film montre les affres intérieures du garçon, qui n’a parlé à personne de l’atroce événement. Où est l’histoire policière, dans tout cela ?

Mais tout est « polar », aux yeux des incultes pubeux. Patientez un peu, un jour, ils verront un polar dans Autant en emporte le vent, sous le prétexte que Scarlett a tué un soldat. Et pourquoi la crucifixion de Jésus ne serait-elle pas un polar ?

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Marceau 29/05/2016 19:37

"Incultes pubeux" ne relève-t-il pas du pléonasme ?

Yves-André Samère 29/05/2016 20:40

Tout le monde n’en a pas conscience. En outre, Séguéla est loin d’être un inculte.

J'ai raison. 29/05/2016 14:01

Aussi un film est un "thriller haletant" dès qu'on y aperçoit un homme courir, arme à la main.

Yves-André Samère 29/05/2016 14:52

Oui, l’un des innombrables clichés qui agrémentent si finement la prose des critiques et autres pubeux. Les biographies, elles, sont devenues des « biopics », depuis quelques années. Un mot récent et inutile, qui ne devrait pas tarder à entrer dans le Robert. S’il n’y est déjà.