Petite coupure, gros bobard

Publié le par Yves-André Samère

Aujourd’hui, durant une séance au cinéma MK2 proche du Pompidolium, l’écran s’éteint au bout de trois quarts d’heure. Un employé de la salle vient nous rasséréner : il y a eu seulement une « petite coupure de courant dans le quartier ». Je fais marrer les autres spectateurs en me demandant à haute voix comment il sait que ce sera une petite coupure, mais, un quart d’heure plus tard, il s’avère que la coupure a enfin atteint l’âge adulte, car la séance est annulée, et l’on invite les pigeons à passer à la caisse pour se faire rembourser.

Pourquoi je raconte cette anecdote aussi intéressante qu’un documentaire sur la carrière de Mireille Mathieu ? Parce qu’elle est symptomatique de deux tares : utiliser sans raison et tout bout de champ l’adjectif petit, un travers typiquement français ; et, puisque je constate à la sortie que tous les commerces environnants sont illuminés,  que le courant n’est nullement coupé ! Ce qui n’est pas coupé, c’est la manie de mentir constamment aux gens, qui ne sévit pas uniquement dans les campagnes électorales. Il ne vous est jamais arrivé, alors que vous cherchiez un article dans un grand magasin, que le vendeur vous dise « Nous sommes actuellement en rupture de stock, mais la commande est passée, et on le recevra au milieu de la semaine prochaine » ? Mensonge évident, qui tend à vous préserver de l’atroce vérité : le bidule que vous cherchiez, il n’y en aura plus jamais, et passez votre chemin.

La France est le pays du bobard.

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