Quelques détails sur Woody Allen

Publié le par Yves-André Samère

Avant sa sortie ce soir au Festival de Cannes, j’ai vu Café society, le dernier film de Woody Allen, et, en dépit d’une critique très favorable de France Inter ce matin et du « Canard » de ce jour, j’estime que ce film ne casse pas trois pattes à... un canard, justement. Mais comme je ne fais pas ici de critiques de films, parlons plutôt d’autre chose.

Il y a quelques jours, j’ai lu en anglais l’interview que Woody a donnée à Stephen Galloway, du site de The Hollywood reporter, entretien qui révélait quelques détails de l’existence très banale d’un des deux derniers cinéastes de talent aux États-Unis (cette équivoque sur les DEUX personnages qui comptent, je la dois à José Artur). Je ne résume pas, allez la lire. Mais j’en ai surtout retenu quelques détails, dont ceux-ci : Woody n’aime pas lire, il préfère écouter ou jouer de la musique, et regarder du baseball ou du basket-ball ; il réfute sa réputation de détester Hollywood ; il ne revoit jamais ses propres films et n’en garde guère de souvenirs ; il possède sa salle de projection privée depuis trente-cinq ans ; il produit chaque année un film qui rapporte en moyenne six cents millions de dollars ; il ne possède pas d’ordinateur et n’a jamais envoyé de messages électroniques ; il n’aime pas les journées ensoleillées ; il sait conduire, mais n’aime pas ça ; il ne lit rien de ce qui le concerne dans les journaux, pas même les critiques de ses films ; il n’a jamais revu son ex-femme Mia Farrow ; il voit pas mal de films, mais rarement des films états-uniens, et surtout pas les blockbusters ou les films de super-héros ; il aime le sud de la France mais redoute les voyages en avion et les décalages horaires ; il ne regarde pas les grandes séries télévisées comme Breaking bad ; il ne sait pas se servir d’un magnétoscope ; son téléphone mobile ne lui sert qu’à téléphoner ; il considère la religion comme une agréable fantaisie ; il soutient Hillary Clinton mais a rencontré Donald Trump (qu’il a fait jouer dans Celebrity), le trouve « très affable, très gentil et agréable » ; il a rencontré Samuel Becket à Paris mais n’a pas pu rencontrer Jean-Paul Sartre, car l’intermédiaire qui aurait pu les présenter voulait se faire payer !

Non dit dans l’interview : on a tort d’imaginer Woody Allen comme un artisan, il a au contraire une équipe importante, une armée de techniciens qui lui préparent minutieusement ses tournages, et je peux en témoigner, puisque j’étais présent lors de la préparation d’une scène de Midnight in Paris où jouaient Carla Bruni et Owen Wilson, dans le square Jean XXIII, derrière Notre-Dame. La moitié de l’Île de la Cité était encombrée des véhicules de la production, des dizaines d’assistants se sont affairés à organiser le lieu (vidé de ses visiteurs), et on avait été jusqu’à installer un banc public supplémentaire, qui n’existe pas dans la réalité. Outre cela, toutes les scènes sont préparées par son assistant, qui informe les acteurs de ce qu’ils doivent faire et les dirige éventuellement, car Woody est peu présent sur les plateaux et ne parle presque pas à ses comédiens. Et donc, lorsqu’un acteur français se glorifie d’avoir tourné avec Woody Allen, il se vante, car il l’a à peine vu, et pas forcément de près !

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