Un stalinien à la CGT

Publié le par Yves-André Samère

Cette semaine, la totalité des journaux français n’ont pas pu paraître, sauf un, « L’Humanité ». Motif : le patron de la CGT, puissant syndicat de gauche, avait rédigé un tract anti-gouvernemental, et il avait exigé que les journaux le publient. Le petit doigt de leurs dirigeants ayant refusé de rejoindre la couture de leur pantalon, tous ont refusé, sauf « L’Humanité », justement, mais je me demande comment Jean Jaurès, qui avait fondé ce journal en 1904, dix ans avant son assassinat, aurait pris ça. Or le syndicat du Livre est affilié à la CGT, il a donc reçu la consigne de censurer TOUS les autres journaux, peuplés de malveillants qui osent désobéir à Martinez, le patron de la CGT.

Admirable, ce Martinez ! Il devrait entrer à la Comédie-Française, à voir la manière dont il a répondu à Hugo Clément, du Petit Journal, qui insistait pour avoir une réponse à sa question très simple : comment un syndicat de travailleurs peut-il censurer les journaux désobéissants ? Réponse de l’honnête Martinez : vous pensez que c’est moi qui dirige « L’Humanité » ?

Non, tu ne le diriges pas, cher Martinez. Tu menaces simplement de l’étrangler si elle ne marche pas droit et ne publie pas ta prose. Mais, par chance, ils sont bien dociles, les travailleurs du syndicat du Livre (rappelons qu’aucun journal, aucun livre ne paraît en France si les affiliés à ce syndicat décident de se croiser les bras).

Finalement, on le regrette, le précédent patron de la CGT, Thierry Lepaon, auquel on a fait un mauvais procès qui a débouché sur son renvoi : comme il venait de province, la CGT lui avait trouvé un bel appartement à Montreuil, dans la banlieue est, et l’avait fait rénover sans qu’il demande quoi que ce soit. Mais le montant de la facture a fait les gros titres des journaux, et on l’a débarqué. Alors que les dépenses, dont il n’était pas responsable, étaient bien inférieures à celles commises par Mathieu Gallet, PDG de l’INA puis de Radio-France, où il est toujours en place, et dont les coûteux caprices ont scandalisé le pays entier – à commencer par ceux qui sont sous ses ordres. Il va d’ailleurs, sous peu, devoir s’expliquer devant un tribunal.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :