Bientôt, tous obèses, tous diabétiques !

Publié le par Yves-André Samère

Au Canada, mais c’est probablement pareil en France, et pire aux États-Unis, on estime que 10 % des coûts de santé sont directement liés à l’obésité, dont les complications apparaissent dès l’enfance. Mais cette estimation des coûts ne tient pas compte des soins, et encore moins de la souffrance que cause le diabète, puisque, avec le paludisme, cette maladie est celle qui cause le plus de victimes dans le monde (ne me faites pas rire avec le sida : en comparaison, le nombre de vicimes du sida est insignifiant, et... on peut éviter l’épidémie si on a un peu de jugeote).

Le diabète, c’est l’invasion des vaisseaux sanguins par le glucose qui n’a pas pu entrer dans nos cellules ni être éliminé. En conséquence, et ce que ne fait pas le cholestérol, il va boucher les artères, en commençant par les vaisseaux les plus fins, évidemment plus faciles à obstruer. Conséquences diverses : bloquer vos artères, causant des infarctus, des paralysies, des névrites, compromettre la fonction rénale, ou conduire à la cécité. Mais le premier symptôme sera une relative insensibilité de vos orteils, irrigués par ces minuscules vaisseaux. On ne guérit jamais du diabète, car les dégâts qu’il cause sont irréversibles, mais on peut le cantonner. Néanmoins, si  vous n’agissez pas en mettant la pédale douce sur votre consommation de sucre (surtout le glucose, qui a le désavantage d’être le carburant principal de vos cellules, donc il est aussi indispensable !), vous irez jusqu’à l’amputation de vos pieds. À vrai dire, comme vous serez devenu aveugle, vous ne verrez pas ce qui manquera dans vos chaussures...

En Amérique du Nord (États-Unis surtout, bien entendu), les cardiologues considèrent le diabète comme le premier ennemi des artères, or l’obésité, toujours croissante, est devenue la marque distinctive des États-uniens. Hélas, les pays pauvres sont à présent gagnés. En pays arabe, on consomme à longueur de journée le fameux thé à la menthe, dont la politesse vous oblige à boire au moins trois verres, chacun d’eux contenant l’équivalent d’une demi-douzaine de morceaux de sucre ! Je vous laisse évaluer...

Mais savez-vous ce qui m’agace le plus ? C’est que notre époque du tout-est-dans-tout-et-réciproquement a fait admettre les pires absurdités comme un droit à la différence. Vous avez donc, désormais, non seulement le droit d’avoir les cheveux verts, de tromper votre conjoint ou de vous marier avec quelqu’un de votre sexe – ce qui ne me gêne pas, je précise –, mais aussi d’être tatoué, de truffer votre corps de piercings, et surtout, d’être gros et fier de l’être !

D’où l’admirable adaptation des margoulins du marketing : à cette clientèle suicidaire, on propose des boutiques « tailles fortes », des sièges d’avion élargis, des soutiens-gorge quadruple D, et toujours plus de pâtisseries et d’émissions télévisées sur les recettes « gourmandes ».

Soit en passant, aucun ministre de la Santé n’a réussi à faire interdire la publicité pour les desserts sucrés, qui truffent les émissions pour les enfants. Faudrait surtout pas faire baisser le chiffre d’affaires des marchands de saloperies ! Ben oui, seul le client est responsable de sa vie, pas vrai ? Et s’il avale tout ce qu’on lui propose, les conséquences lui feront les pieds (oh pardon !)

Allez, bon appétit, et condoléances.

(Il va falloir élargir aussi votre cercueil, je vous préviens)

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