Cholestérol (3) : le « bon » et le « mauvais »

Publié le par Yves-André Samère

Hier, dans mon premier article sur le cholestérol, j’ai mentionné l’existence d’une « barrière hémato-encéphalique » qui interdit la pénétration des corps intrus dans le cerveau, et cette mention ne devait rien au hasard, car on va en parler un peu aujourd’hui. Mais auparavant, quelques mots sur le moyen de transport emprunté par le cholestérol pour circuler dans le sang. Cela se fait sur des « transporteurs », des lipoprotéines appelées chylomicrons dans le cas du cholestérol fourni par l’alimentation. Et dans le cas du cholestérol fabriqué par le foie, sur d’autres lipoprotéines, qui sont de deux sortes : soit des VLDL (very low density lipoproteins), soit des LDL (low density lipoproteins). Dont je rappelle qu’elles sont incapables de pénétrer dans le cerveau.

Or l’industrie pharmaceutique a réussi à fabriquer des statines, qui sont des médicaments capables de franchir la fameuse barrière, donc d’entrer dans le cerveau et de faire baisser la fabrication du chlolestérol par le cerveau. Et, à grand renfort de publicité, la même industrie a su faire croire au public que c’était la bonne méthode pour réduire le risque de crises cardiaques, « puisque » c’est le cholestérol le coupable !

Pure tromperie, qui a été dénoncée par les docteurs Michel de Lorgeril et Mikael Rabaeus, spécialistes reconnus du cholestérol, dans un article (en anglais) que vous trouverez ICI, et aussi par les professeurs Philippe Évein et Bernard Debré dans leur Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux, contenant tout un chapitre intitulé La farce du bon et du mauvais cholestérol, où se trouve une liste de statines : Zocor, de chez Merck ; sa copie, Lodalès, de chez Sanofi ; Elisor, de chez BMS ; sa copie, Vasten, de chez Sanofi ; Tahor, de chez Pfitzer ; Lipitor, fabriqué ailleurs ; puis, plus récemment, Crestor, de chez Astra-Zeneca. Pourquoi ce déluge de médicaments censés faire tous le même effet ? Parce que, pour l’ensemble des statines, c’était un marché de 25 milliards de dollars. Or la fabrication des génériques a menacé ce petit bizness, donc il fallait inventer autre chose. Et ce fut la fable du bon et du mauvais cholestérol, celui transporté par les LDL, les trois-quarts de tout le cholestérol, celui que réduisent les statines – alors que, je l’ai écrit précédemment, il n’existe qu’une seule sorte de cholestérol, toujours bénéfique.

Entre 2005 et 2015, dix ans d’études, portant sur des milliers de publications tirées de toutes sortes de données découlant de l’expérience, ont prouvé que les statines n’apportent strictement aucun bénéfice à aucun patient, quels que soient leur âge et la pathologie dont ils pâtissent ; en outre, ces médicaments sont extraordinairement toxiques : effets musculaires et digestifs néfastes, déclin de la connaissance, diabète et cancers (voir l’article pointé ci-dessus). Mais elles constituent la troisième catégorie de médicaments remboursés par l’Assurance maladie, et lui coûtent un milliard d’euros !

Bref, une monstrueuse arnaque médicale et scientifique, soutenue par la propagande, la désinformation, et le fait que l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé est peuplée d’experts qui travaillent aussi pour les industries pharmaceutiques. Conflit d’intérêt classique.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

C
Saperlipopette, cela fait 13 ans que, suite à un infarctus causé par la cigarette, je me tape tous les jours des Crestor ,kardégic et autres...Je suis puni et condamné à des faux beurre, très chers et pas bons .
Help !
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Y
Le Kardégic n’est pas dangereux, c’est juste de l’aspirine.
G
Et la responsabilité des prescripteurs qui eux connaissent les effets secondaires des statines et leur inutilité. Je sais, il faut fidéliser la patientèle.
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Y
Eh oui, il y a bien quelques médecins qui sont au courant...