Comment obtenir une minute de silence

Publié le par Yves-André Samère

Vous avez sans doute regardé le Petit Journal hier soir, et sinon, vous pouvez toujours le télécharger avec Captvty. Et vous aurez remarqué la séquence qui commence au temps 6:05, concernant la tuerie récente dans une discothèque gay de Floride. L’UEFA (Union européenne des associations de football, et instance dirigeante du football), organisatrice en France de ces matches de football qui nous enchantent à un point rare, a jugé « tout simplement irréaliste » de rendre hommage aux victimes en faisant observer dans les stades une minute de silence. Mais enfin, je comprends très bien cette façon de traîner les pieds : nous avions eu à Paris plus de cent morts, alors qu’à Orlando, ils n’en ont eu QUE quarante-neuf, ces minables (c’est un peu comme dans les entreprises françaises : si vous avez moins de cinquante ouvriers, vous n’êtes pas forcé, en tant que patron, de former un comité d’entreprise). Rappelons que, lorsque nous avons eu chez nous une série d’attentats, c’est dans le monde entier qu’on a respecté partout une minute de silence. Mais enfin, nos chères victimes étaient normales, elles, ce n’étaient pas des sodomites. Non mais...

L’UEFA a donc publié les conditions qu’elle a décidée elle-même toute seule et sans aucun préjugé, pour mériter une minute de silence :

- l’évènement doit être lié au football directement,

- ou lié à l’une des équipes participantes ou au pays organisateur,

- les évènements tragiques doivent être de grande ampleur, ayant conduit à la mort de milliers de personnes.

Je vous avais bien dit que quarante-neuf morts, c’était minable. Circulez, y a rien à voir.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 15/06/2016 19:16

Rien ne doit gâcher la fête, puisque fête il y a, voyons. Ils sont allés jusqu'à réglementer cela ? Ils sont un peu plus souples sur les tirages au sort des équipes, puisqu'il paraît que certaines boules étaient congelées, pour que celui qui choisissait les boules les reconnaisse.

Julien 15/06/2016 12:15

Au-delà de l'UEFA dont je n'ai pas grand-chose à dire, je suis plutôt sur ta position dans cette notule :
http://y-a-s.over-blog.fr/2016/04/tous-au-cirque.html
Si on devait faire des minutes de silence à chaque massacre, où qu'il se déroule...
Encore une fois, la vision occidentale prévaut, ce sont des états-uniens les victimes, donc le monde entier (pardon, le monde de l'OCDE) compatit. Par ailleurs, homos ou pas, le résultat est le même, ils sont morts. Ca ne rend pas le crime plus grave, juste l'assassin plus idiot.

Yves-André Samère 15/06/2016 13:23

Je ne me suis pas contredit, et je ne tenais pas spécialement à CETTE minute de silence, mais ce que je sous-entends, c’est que la différence de traitement est une insulte à la morale. Le monde des dirigeants du football, c’est une mafia qui ne pense qu’aux profits et ne veut pas incommoder SON public de débiles mentaux largement homophobes. Or des minutes de silence sur un stade, il y en a eu à d’autres occasions.

Je n’ai pas observé le moindre silence quand les boys de Ben Laden ont percuté deux gratte-ciels de New York, je suis allé jusqu’à écrire que c’était idiot et discriminatoire d’inviter toutes les nations à pleurer sur des morts yankees. Les crimes états-uniens, on ne les compte plus, et je raconterai un jour l’histoire de la bombe d’Hiroshima et de Nagasaki.