Croire en la crue

Publié le par Yves-André Samère

Lundi après-midi, comme je suis allé voir un film boulevard Saint-Gemain, j’ai forcément traversé la Seine, et, bien qu’il ait plu toute la nuit, la Seine n’était pas vraiment en crue. Tout au plus, son cours était un peu agité, car il y avait un peu de vent. Mais hier, traversant à nouveau le fleuve pour la même raison, j’ai constaté que, cette fois, le niveau des eaux était vraiment monté. Au point que les voies sur berge sont noyées, et que la voie Georges-Pompidou, la plus longue artère de Paris (treize kilomètres de longueur), était fermée.

Comme je me souvenais de la précédente crue, en 1999, j’ai poussé jusqu’au Pont-Neuf, et constaté que le petit square que surplombe la statue d’Henri IV, à la pointe de l’Île de la Cité, était entièrement sous les eaux, comme en 1999 précisément.

Conclusion : entre avant-hier et aujourd’hui, le niveau a monté au moins de deux mètres, voire davantage. Ça y est, on va tous mourir noyés ! Mais pas à cause du niveau des mers qui monte : à cause de la pluie qui tombe. Et cette fois, Hollande n’y est pour rien, il était absent de France ces derniers jours.

Et, à propos, France Inter, fidèle à sa politique de n’annoncer que des nouvelles fausses, nous a gratifié hier soir, au journal de dix-neuf heures, du rapport d’un prétendu journaliste qui a raconté que « la voie Georges-Pompidou [était] indisponible du Pont de Garigliano au Trocadéro », donc sur la partie ouest de la Seine, entre le quinzième et le seizième arrondissements. Tout à fait, grand journaliste ! De toute évidence, il n’a vu que la partie de la Seine visible depuis la Maison de la Radio, et il était sans doute trop flemmard pour s’en éloigner un peu et aller voir sur place. Il se trouve que j’ai suivi à pied le cours de la Seine entre le Pont-Neuf et la Place du Châtelet, avec sous les yeux toute la partie en aval jusqu’à la Concorde, et je garantis que TOUTE la voie Georges-Pompidou était sous les eaux.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

J'ai raison. 02/06/2016 15:09

Quelqu'un sur Le Figaro affirmait que tous les parisiens se moquaient de cette pluie, sauf les journalistes.

Yves-André Samère 04/06/2016 05:15

Assez vraisemblable. Les journalistes montent en épingle les sujets faciles à traiter, et ceux dans lesquels on peut jouer du violon. Le genre « Ce soir, toute la population de Fouilly-les-Oies est en état de choc ». On leur enseigne ces sottises, dans les écoles de journalisme.

Yves-André Samère 04/06/2016 05:15

Assez vraisemblable. Les journalistes montent en épingle les sujets faciles à traiter, et ceux dans lesquels on peut jouer du violon. Le genre « Ce soir, toute la population de Fouilly-les-Oies est en état de choc ». On leur enseigne ces sottises, dans les écoles de journalisme.