Monuments, blasons et logos

Publié le par Yves-André Samère

Du temps des rois, chacun d’eux tenait à marquer de son empreinte les lieux où il passait, et c’était généralement sous la forme d’un écusson, d’un blason, ou de quelque chose de ce style. Jusqu’à Napoléon, qui n’était pas roi mais se croyait encore plus grand, et qui a salopé le château de Versailles en mettant son initiale partout !

De nos jours, les vrais rois ont disparu, et les présidents de la République préfèrent l’option des prétendus « grands travaux », sauf De Gaulle, qui n’a fait édifier aucun monument. Pompidou a fait construire le centre qui porte son nom, avec, en prime, cette autoroute urbaine de treize kilomètres sur la rive droite de la Seine, elle aussi baptisée Pompidou ; Giscard, mieux inspiré, a fait retaper la vieille gare d’Orsay pour en faire un très beau musée du dix-neuvième siècle ; Mitterrand a multiplié les monuments à sa gloire (le nouveau Louvre, l’Institut du monde arabe, l’opéra de la Bastille, la Grande Arche de la Défense), Chirac a voulu le musée qui porte désormais son nom ; seuls les jumeaux infernaux, Sarkozy et Hollande, que rien n’intéresse, se sont croisé les bras, mais, connaissant leur absence complète de goût, cela valait sans doute mieux.

Et puis, monuments mis à part, beaucoup ont désiré avoir leur drapeau personnel, et je vous invite à jeter un coup d’œil sur cette page. Vous n’avez pas pu oublier la Croix de Lorraine de De Gaulle, mais, jusqu’à Mitterrand inclus, ce ridicule assaut de vanité a sévi, et celui de Paul Deschanel vous inspirera sans doute le ricanement d’usage : le pauvre président-éclair – sept mois de présidence –, déjà, n’avait plus toute sa tête...

Aujourd’hui, les vrais rois sont les vedettes des radios-télévisions, qui ne disposent plus du budget national pour satisfaire leurs caprices, aussi ne font-ils construire aucun monument, ce privilège étant réservé aux industriels milliardaires. À défaut, les gens de radios-télés se distinguent en se choisissant un tic particulier : un mot, un geste, quelque chose dont ils espèrent que cela marquera le public. Au temps où Lucien Jeunesse présentait Le jeu des mille francs, il terminait toujours son émission en lançant « À demain, si vous le voulez bien », et, le samedi, lui substituait « À lundi, si le cœur vous en dit ». Jacques Martin préférait « Sous vos applaudissements ». Pierre Desproges entamait ses Réquisitoires par « Françaises, Français, Belges, Belges », mais c’était pour se moquer de De Gaulle et de ses successeurs, le premier ayant lancé la mode de « Françaises, Français ». De nos jours, ce pauvre Augustin Trapenard pense rester dans nos mémoires en terminant toutes les présentations de ses émissions par un très plat « Évidemment », et Léa Salamé a cru spirituel de remplacer le traditionnel « Bonne journée » par l’absurde « Belle journée », qui ne veut rien dire. Tandis que cette pauvre sotte de Maïtena Biraben concluait le boulet qu’était Grand Journal par un clin d’œil vulgaire au téléspectateur, que par chance nous ne verrons plus puisqu’elle s’est fait virer par son patron.

Eh oui, on ne peut pas toujours faire construire une pyramide dans la cour du Louvre !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 21/06/2016 21:38

Il me semble que Sarko avait voulu faire un musée de la nationalité française, ou un truc comme ça. Ses conseillers ont dû se mettre debout sur les freins.

DOMINIQUE 21/06/2016 21:37

J'aime bien celui de Félix Faure.

Yves-André Samère 21/06/2016 23:06

Il a moins bien réussi sa fin de vie.