Prendre (ou assumer) ses responsabilités

Publié le par Yves-André Samère

Jamais autant qu’en période troublée comme celle que nous vivons, attentats, grèves, chômage galopant, pénurie de carburant, bollorisation des médias, on n’aura entendu aussi souvent des expressions comme prendre ses responsabilités ou assumer ses responsabilités. Ce matin sur France Inter, Manuel Valls a martelé, au micro de Patrick Cohen, cette platitude qui n’est qu’une forme de dérobade. J’explique plus loin en quoi c’est une dérobade, mais, pour le moment, je me contente de remarquer que ceux qui emploient ce langage ne sont jamais ceux qui appliquent à eux-mêmes cette suggestion : c’est toujours les gens du camp d’en face qui devraient prendre (ou assumer) leurs responsabilités – jamais les manieurs de clichés.

Mais que signifie ce langage ? C’est très simple : il implique que les non-responsables rejettent perpétuellement la faute sur les autres, ne reconnaissent jamais leurs erreurs, leurs fautes, leur incompréhension de ce que ressent ou souhaite l’autre. Si quelqu’un doit changer d’attitude, dans leur esprit, c’est toujours celui qui râle, jamais celui qui lui a donné une raison de râler. Façon de dire aux casse-pieds d’aller se faire voir chez les Grecs, voire chez Plumeau si on est lecteur de San-Antonio.

J’imagine très bien Landru disant, à une femme qu’il apprêtait à brûler dans sa chaudière, qu’elle devait d’abord prendre ses responsabilités. Ou le cardinal Barbarin rappelant aux gosses que ses curés violaient, qu’ils devaient assumer leurs responsabilités.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :