Cyrano : 4. le bretteur

Publié le par Yves-André Samère

Savinien de Cyrano, une fois revenu dans sa ville natale qui était Paris, connut ce qu’on nommait alors « une vie dissolue » – aujourd’hui, « une vie de bâton de chaise ». En fait, il s’entendait mal avec son père, lequel, en retour, ne lui donnait guère d’argent, étant lui-même assez désargenté, et déçu qu’il était de ne pas voir son fils choisir une profession convenable. Le Bret dit de son ami, un peu énigmatiquement, que « cet âge, où la nature se corrompt plus aisément, et la grande liberté qu’il avait de ne faire que ce que bon lui semblait, le portèrent sur un dangereux penchant, où j’ose dire que je l’arrêtai »... mais il ne dit mot de ce dangereux penchant, sinon que « les duels, qui semblaient en ce temps-là l’unique et le plus prompt moyen de se faire connaître, le rendirent en si peu de jours si fameux, que les Gascons, qui composaient presque seuls cette Compagnie, le considéraient comme le démon de la bravoure, et en comptaient autant de combats que de jours qu’il y était entré ». Il est possible aussi que Savinien, goinfre et pilier de cabaret, se soit adonné au jeu, mais ce n’est qu’une supposition. Toujours est-il que ce fut quelque temps un bagarreur, redoutable escrimeur, et l’anecdote de son combat à la porte de Nesle contre cent hommes à la fois n’a pas été complètement inventée par Edmond Rostand : il en aurait tué deux et blessé sept ! Il faut préciser que les duels auxquels il participa ne concernaient jamais une querelle personnelle, et qu’il en était toujours le second.

Mais, ayant tâté du métier de soldat et reçu deux blessures, l’une « au siège de Mouzon, où il reçut un coup de mousquet au travers du corps, et depuis, un coup d’épée dans la gorge, au siège d’Arras en 1640 », il préféra se consacrer désormais à des activités plus calmes, l’étude et l’écriture.

Publié dans Curiosités, Histoire, Mœurs

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