Jésus, pas mort sur la croix

Publié le par Yves-André Samère

Les Romains n’étaient pas des tendres, et appliquaient de la manière la plus horrible la peine de mort aux criminels et aux esclaves révoltés : la crucifixion. Selon la légende biblique, Jésus y est passé, sur la décision du procurateur romain Ponce Pilate, lequel s’était vu forcer la main par le Sanhédrin – les prêtres juifs du Temple de Jérusalem. Soit dit en passant, il s’en est vengé en faisant placer, au-dessus de la tête du crucifié, un écriteau en hébreu, en latin et en grec, disant « Jésus, roi des Juifs », et a refusé de rectifier l’expression, ce qui a rendu ceux-ci furibards : on prétendait officiellement que leur « roi » finissait crucifié, quelle insulte !

Donc, Jésus aurait été crucifié, mais est-il vraiment mort en croix ? Rappelons quelques faits : jugé dans la matinée, il a été remis aux mains de la police romaine à midi, selon Jean (chapitre 19, verset 14). Conduit au Golgotha, qui se trouvait à huit cents mètres de là, ce trajet a pu prendre une demi-heure, compte tenu de son état de fatigue, et les opérations de sa crucifixion ont dû prendre à peu près le même temps. Donc le condamné est en croix à partir de treize heures. Et Marc (chapitre 15, verset 34) affirme qu’il est mort à quinze heures, avant qu’on le descende de la croix. De toute façon, comme cela se passait un vendredi, début du sabbat, et que la loi juive interdisait de laisser un corps en croix pendant ce jour, il était urgent de le déclouer en vitesse, ce qui fut fait par ses partisans, avec l’autorisation des Romains, qui ne tenaient pas non plus à susciter une émeute religieuse.

Donc, Jésus est resté deux heures sur la croix. Comme on ne mourait pas de ses blessures, mais du fait que cette position empêchait la respiration normale, les condamnés mouraient asphyxiés, mais deux heures, est-ce suffisant pour passer de vie à trépas ? Beaucoup de commentateurs en doutent, et on a au moins un indice très fort que, dans son tombeau, Jésus était toujours vivant.

En effet, aucun des évangélistes ne rapporte qu’on a lavé le corps, ce qui contredit complètement les rites juifs. De plus, Jean (chapitre 19, verset 40), mentionne, non pas un linceul, mais des « bandes de lin [...] selon la tradition juive ». Il utilise le mot othonia, pluriel de othonion, une bande de lin servant en général de pansement. Or à quoi auraient servi des bandes ? Pas, comme chez les Égyptiens, à envelopper le corps après embaumement, puisque les Juifs ne pratiquaient pas ce rite (l’éviscération était pour eux une profanation). Elles n’auraient pas servi non plus à tenir ensemble les mains et les pieds du corps, car le terme de « sangles » (en hébreu, keiriai) aurait été utilisé. Donc ces bandes ont forcément servi de pansements pour les blessures du corps aux mains et aux pieds. Mais on ne pose pas de pansements à un cadavre, puisque les morts ne saignent plus dès l’instant de leur décès !

Par conséquent, Jésus, dont les blessures saignaient encore, était toujours vivant. Si on prend au sérieux le récit de Jean, aucune autre hypothèse ne tient.

Publié dans Curiosités, Religion

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