L’abandon chiraquien du septennat

Publié le par Yves-André Samère

On a bien reproché à Chirac quelques boulettes, comme d’avoir repris les essais nucléaires à la date anniversaire du bombardement d’Hiroshima ; d’avoir, sur le précieux conseil du très avisé Villepin,  dissous une Assemblée nationale où il avait la majorité, ce qui lui a valu une autre majorité d’opposition et une troisième cohabitation (c’est au Japon que Chirac a pris le goût du hara-kiri ?) ; et d’avoir gardé Sarkozy comme ministre, ce qui équivalait à réchauffer un serpent dans son sein, auquel il ne pouvait même pas dire Tu quoque filii (quoique cette citation de Jules César à Brutus soit douteuse, et on prétend que c’est une invention de Suétone).

En fait, il y eut encore plus maladroit : l’abandon du septennat au profit du quinquennat, qui a dû faire se retourner De Gaulle dans sa tombe. Même l’ultra-chiraquien Jean-Louis Debré en convient, lui qui place Chirac sur un piedestal !

De Gaulle avait fait tailler par Michel Debré, père du précédent et bon domestique, une Constitution en béton armé, à la mesure de ses intentions : rester en place le plus longtemps possible, et à l’abri des coups des partis politiques, qu’il haïssait. En faisant adopter le quinquennat, et, sacrilège ! par référendum, Chirac balayait le gaullisme. Aujourd’hui, le chef de l’État, obligé de faire coïncider son élection avec celle d’une Assemblée nationale puisque les deux votes ont lieu la même année, n’est plus vraiment un arbitre placé au-dessus de la mêlée, indépendant de son parti d’origine, mais une sorte de Premier ministre au rabais, perpétuellement en rivalité avec le Premier ministre en titre, quand ce n’est pas avec ses ministres.

Publié dans Absurdités, Histoire, Politique

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