La poussière sous le tapis

Publié le par Yves-André Samère

La petite histoire ci-dessous vous semblera peut-être insignifiante, mais elle me paraît contenir une morale, donc je la raconte. Eh oui, je suis un être très moral, comme vous avez pu le constater depuis neuf ans que je distille ici mon venin.

Ce matin, aux aurores, j’ai trouvé dans mon courrier un message d’une de mes amies, qui me communiquait l’adresse sur Internet d’un article du Nouvel Observateur. Cet article, signé David Caviglioli, a été publié hier soir, et il rapporte que l’interview donnée par Claude Lanzmann dimanche matin à France Inter avait provoqué une « salve de critiques » de beaucoup d’imbéciles (c’est moi qui traduit par « imbéciles », attendu que des gens capables d’être choqués par des mots ne méritent pas d’autre qualificatif. Eux se croient sans doute dignes des grands moralistes). Et l’auteur de ce poulet affirmait en outre que « l’interview n’est pas facile à trouver » sur le site de France Inter.

Là, j’ai été aussi maladroit que lorsque je me mêle de faire la cuisine ou de repeindre mon plafond (généralement, je m’accroche au pinceau quand on m’enlève l’échelle). Et j’ai aussitôt répondu à mon amie que, de la part d’une maison pédégée par Mathieu Gallet, petit foutriquet qui jamais n’aurait dû quitter la vitrine des Galeries Lafayette, rien ne m’étonnait – on a vu avec quelle considération il a traité les émissions de Philippe Meyer. Moi, Lanzmann, je le respecte, même s’il perd parfois un peu les pédales et s’emballe, et je ne suis pas du genre à vouloir le censurer ; pas même à me moquer de lui, comme l’a fait un humoriste ignoble qui ont raillé cruellement le discours trop long et hors sujet qu’il avait prononcé au festival de Cannes. Et ne me dites pas que je me suis moqué de Juliette Binoche dans des circonstances analogues, vu qu’elle n’est pas nonagnénaire, mais surtout tête de linotte.

Puis j’ai eu comme un scrupule, et suis allé vérifier sur le site de France Inter si l’émission avait bien été dissimulée. Or, pas vraiment, puisque je l’ai trouvée immédiatement : vous cliquez sur Programmes, puis vous allez sur la journée du dimanche 3 juillet, et vous cliquez sur 07h54. Le titre en regard est trompeur, car il dit « L’invité du week end - 8h20 : Lionel Jospin », mais c’est bien Lanzmann qu’on entend dans l’enregistrement qui se lance alors. Le journaliste qui a rédigé l’article n’a donc pas cherché plus loin, c’est le podcast qui renvoie à l’interview de Jospin, pas le direct.

Moralité annoncée au début : ne croyez rien sur paroles, vérifiez avant d’affirmer quoi que ce soit. Que ce soit Jésus, Hollande ou France Inter, il ne faut faire confiance à aucun moulin à paroles.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
C'est affreux, mais ce qui m'a le plus intéressée dans cet interview de Lanzmann, c'est le côté inattendu de sa diatribe, alors que la journaliste voulait simplement qu'il dise du bien du défunt, comme d'habitude dans ces cas-là. Et ses tentatives désespérées pour ramener ce vieux dragon dans le droit chemin. C'est ça, les vieux dragons. Ils n'ont peur de rien.
Répondre
Y
Moi, ça m’a plu. Le coup de pied dans la fourmilière. C’est trop rare.