Alerte ! Nomophobie

Publié le par Yves-André Samère

Je connais un endroit privilégié où l’on cultive quotidiennement cette spécialité créée par « Le Canard enchaîné », la Noix d’Honneur. Cela se trouve au cœur du Palais-Gruyère, et cela s’appelle Le téléphone sonne, émission de France Inter. Hier, je m’étais régalé de la lâcheté du valet en gilet rayé qui refusait de transformer son émission en tribunal parce que ce n’est pas beau de juger les labos pharmaceutiques responsables de crimes ; aujourd’hui, on agite – mollement – l’étendard de la révolte contre l’ennemi le plus redoutable qui soit : le téléphone mobile.

Il semble en effet que nous soyons tous frappés, comme les animaux malades de la peste dont parle La Fontaine, même si nous n’en mourons pas tous. Sauf de rire si nous nous tenons à l’écart de l’épidémie.

France Inter a donc invité des spécialistes de cette maladie, à laquelle on a cru devoir attribuer un nom pour mieux la combattre : la nomophobie. Et ces spécialistes éminents vont donc (je n’écoute pas l’émission) donner aux angoissés leurs solutions, attendus avec la fébrilité que vous devinez.

Dites, bande de nazes, il vous faut un nouveau Spartacus pour appuyer sur le bouton d’extinction de votre gadget ? Nous ne vivons plus en dictature depuis que Giscard est mort ; par conséquent, la libération des esclaves ne dépend que d’eux-mêmes. Autrement dit, de VOUS !

Bien, je n’aime pas, vu ma modestie proverbiale, me donner en exemple, mais je vais vous dire mon secret : mon téléphone mobile, je l’éteins, et je ne rallume pas tant que je n’en ai pas besoin. Un point, c’est tout. Et ce besoin, c’est celui qui surgit de lui-même quand je suis en train de téléphoner à un intime, et que mon téléphone FIXE commence à dérailler, ce qui m’est arrivé il n’y a pas si longtemps. Et dans ce cas, on change d’appareil pour continuer la conversation. Pour le reste, ce zinzin ne me manque pas, car on a d’autres centres d’intérêt dans la vie, à moins d’être lecteur de « Télé-7 jours » ou électeur d’Anne Hidalgo.

Je rate des SMS ? Non, car je n’en ai jamais envoyé ni jamais reçu, n’ayant pas donné cette mauvaise habitude à mes connaissances. Je rate des notifications ? Non, car tout appel téléphonique se répercute sur mon ordinateur, dont je ne suis pas esclave puisque c’est lui mon esclave. Je suis en retard sur les informations ? Ce doit être pour cela que j’annonce régulièrement les nouvelles avant les radio-télés. Et puis, être en retard, quelle importance ? Vous trouvez que François Hollande est en avance sur la réalisation de ses promesses ?

Allez, un peu de cran, que diable, vous n’en mourrez pas.

(Je suis très fier d’avoir réussi à rédiger cet article sans jamais utiliser le mot accro, que je trouve idiot, et qui rime si joliment avec escroc)

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Au musée en votre compagnie, chiche !
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Y
Vous me faites penser que j’avais l’intention de reprendre une carte des Amis du Louvre. On peut y aller quand on veut, et on ne passe pas par les files d’attente. Trente euros par an, c’est donné.
D
A ma grande honte, j'ai envoyé UN sms. Ce fut un joli fou-rire pour la destinataire. Il faut dire que le vieux clou qui me sert de téléphone portable ne supporte que très peu de caractères à envoyer, donc mon SMS a eu le hoquet. Mon message était relativement court, mais il a été sauvagement découpé en 8 morceaux. Sans compter ma mémoire de poisson rouge, j'oubliais où je m'étais arrêtée.
Et, comme vous, je n'utilise mon portable que lors de mes déplacements. Quand je ne l'oublie pas.
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Y
Nous finirons au musée.
J
À ma grande honte, je dois avouer que j'ai longtemps (et jusqu'à récemment) pris "accro" pour une apocope. Du style: être accro... ché à son téléphone.
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Y
C’en est bien une, apparemment, et le jeu favori des flemmards qui raccourcissent tous les mots, attendu qu’à partir de deux syllabes, il est trop fatigant de dire le mot complet.