Aucun coupable, jamais !

Publié le par Yves-André Samère

France Inter, après le journal de sept heures du soir. Lancement de l’émission Le téléphone sonne par un valet en gilet rayé. Sujet du jour, ce médicament dont parle encore cette semaine « Le Canard enchaîné », la Dépakine, coupable d’avoir empoisonné des milliers de femmes enceintes de 2007 à 2014. Elles seraient dix mille, et ce médicament causait des malformations et des troubles du développement à leurs bébés. En clair : des milliers de gosses infirmes de naissance. Les services du ministère de la Santé sont au courant, mais ont préféré attendre le 24 août pour communiquer ce qu’il sait aux familles.

Le passeur de plats de France Inter présente les trois invités de son émission, indique qu’ils sont là pour renseigner les auditeurs, mais que son émission « ne se transformera pas en tribunal ». Normal, en France, hormis les syndicalistes arracheurs de chemises et les dames âgées qui attendent quarante-six ans avant de se débarrasser de leurs maris, personne n’est jamais coupable de quoi que ce soit, il est donc inutile de juger les délinquants. Au besoin, bien au contraire, on les récompense.

J’exagère ? Non. Vous vous souvenez du docteur Garetta ? Il était directeur du Centre Natioinal de Transfusion sanguine, et on venait de découvrir que les stocks de sang qui dépendaient de son action avaient été contaminés par le virus du sida. Or, après que cette catastrophe avait été révélée, Garetta avait envoyé à ses services une note prescrivant d’écouler les stocks de sang tant qu’il en restait en réserve. En clair, il empoisonnait sciemment des milliers de transfusables. Et, en effet, il y a eu pas mal de morts, dont des enfants.

Que s’est-il passé ensuite ? Deux mois après la révélation de cette horreur par « Le Canard », Mitterrand, alors président de la République, et qui pourtant lisait « Le Canard », a ordonné à son ministre des Affaires Sociales, Claude Évin, de... décorer Garetta de la Légion d’Honneur. Horrifié, Évin a traîné les pieds. Mitterrand a insisté, et, en décembre, Garetta a eu sa décoration.

Depuis, il a mis les voiles en Amérique. Les victimes n’ont pas été indemnisées. Forcément, beaucoup étaient mortes. On ne va tout de même pas donner dans la sensiblerie.

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