Contre les débats radio-télévisés

Publié le par Yves-André Samère

Il y a un point que les organisateurs de débats radio-télévisés n’ont jamais compris : c’est que ce type de débat ne sert à rien. Pourquoi ? Parce qu’à la radio et à la télé, d’une part on veut ménager la chèvre et le chou (la fameuse objectivité journalistique, largement bidon), et d’autre part, en raison de l’horaire, toujours trop court, il faut laisser parler tous les invités – sans cela, on ne pourra plus inviter qui que ce soit.

Faites l’expérience : écoutez de bout en bout une de ces émissions. Lorsqu’elle s’achève, est-ce que votre opinion a changé ? Jamais ! Vous avez entendu une sorte de brouhaha, dans lequel chacun a débité ses salades, mais vous êtes resté dans le brouillard. Du débat censé vous éclairer, vous n’avez eu qu’une perception syncrétique.

Ainsi, ce soir sur France Inter, on se demandait qu’il fallait enterrer à Bure les déchets nucléaires – pour seulement une petite éternité –, et le premier auditeur invité à s’exprimer avait beaucoup de choses à dire, qu’il avait préparé en trois points. Il semblait bien connaître la question. Mais, de l’autre côté de la ligne téléphonique, on sentait que la meneuse de jeu bouillonnait, parce qu’il prenait trop de temps et qu’il urgeait de laisser parler les autres. Elle lui a donc coupé la parole, les auditeurs ont perdu le fil, et c’est classique : dès lors que vous avez une opinion ou des connaissances, elles ne tiennent jamais dans le minutage prévu, et on vous interrompt. Si bien qu’en fin de compte, vous n’avez rien pu expliquer.

Les auditeurs y ont perdu, l’intervenant motivé aussi, et l’émission n’a servi, comme toujours, que de remplissage.

Les radio-télés ? Des robinets d’eau tiède.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :