Déplaçons la pollution !

Publié le par Yves-André Samère

Sœur Anne, qui se prend pour sainte Anne, a conçu le projet de fermer toutes les voies sur berge de Paris. Soyons précis : les treize kilomètres de la Voie Georges-Pompidou vont être « rendus aux piétons », comme on dit pieusement. C’est actuellement le siège de Paris-Plage, que je suis allé voir il y a deux semaines, ce qui m’a permis de constater que Paris manque à ce point d’argent que, pour la première fois depuis la création de cette fausse plage, il ne s’y trouve aucune attraction, autre qu’une longue série d’affiches publicitaires pour une exposition des œuvres du peintre Albert Marquet dans un musée de la ville. Gros succès d’indifférence auprès du public, venu là pour les chaises longues.

Anidal Go (elle doit être de la famille de Pokémon Go, et je remercie Alex Vizzorek pour cette vanne très fine) est venue ce matin sur France Inter se faire mousser un peu, ce qui semble être sa principale activité. Par exemple, en plaçant dans la conversation qu’elle était titulaire de la médaille de la ville de Marseille, détail du plus haut intérêt pour les Parisiens, qui n’ignorent pas combien on les aime dans ce qu’on appelle « la ville phocéenne » pour ne pas répéter « Marseille ».

Inévitablement, le passeur de plats lui a rappelé que ce magnifique projet de supprimer les voies sur berge a rencontré une forte opposition, tant auprès de la population de Paris et de sa banlieue, que de la commission d’enquête chargée d’apprécier l’utilité de ce mauvais coup. Lire ICI l’article paru dimanche et qui récapitule les faits. Mais, démocrate comme pas une, la dame qui décide de tout à Paris, y compris de l’édification d’une gigantesque tour dans le quinzième arrondissement, a ressorti son souci permanent de l’écologie (d’où le projet de la tour géante) et s’est assise sur le verdict de la commission, qui est sans doute composée de charlots amateurs de pollution atmosphérique et ne connaissant rien à rien.

Si elle possédait un cerveau, elle comprendrait qu’en supprimant une autoroute urbaine qui ne longe aucun immeuble, elle ne fait que déplacer la fameuse pollution, laquelle va se reporter sur des voies abondamment urbanisées, à la grande joie des habitants, qui vont pouvoir se gorger d’oxyde de carbone et de ces fameuses « particules fines » qui sont le dernier argument contre tout ce qui peut faciliter la circulation. C’est dans le même esprit qu’elle a poussé le projet de l’Autolib, qui a consisté à fourguer à Bolloré la concession des voitures électriques à Paris, lesquelles fonctionnent uniquement sur des batteries que, par le plus grand des hasards, seul Bolloré fabrique. Et, là encore, on ne fait que déplacer la pollution, et nul à l’Hôtel de Ville ne s’est avisé que, pour charger ces batteries, il fallait fabriquer de l’électricité, certes, pas à Paris, mais en province, et via ces maudites centrales nucléaires qui font tant horreur aux écolos bon teint (sans compter que la fabrication desdites batteries nécessite des métaux lourds, qui sont des poisons, mais qu’heureusement on en laisse l’extraction aux Chinois, dont tout le monde se fout, sauf quand ils viennent dépenser leurs sous chez nous).

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