Époque trouillarde : 3. frileux principe de sécurité

Publié le par Yves-André Samère

Je me doutais un peu que mon article sur le principe de précaution me vaudrait des réactions. J’avais pourtant écrit que, dans certains cas comme la contraception, il était bénéfique. Alors, soyons clairs : je ne condamne pas ce principe, euh... par principe, je condamne les exagérations auxquelles il a donné prétexte. C’était écrit noir sur blanc, et je recopie mon propre texte : « On est allé trop loin, et, appliqué à tout, surtout à tort et à travers, il a stérilisé pas mal d’activités ». Je citais ainsi les cas extrêmes, comme le fait que, dans les villages et petites villes, il est désormais difficile de trouver un candidat au poste de maire, parce que le malheureux qui se risquerait dans l’aventure n’a pas forcément toutes les compétences permettant de tout prévoir, parce qu’on y risque un procès à tout instant, et que, de toutes façons, en cas d’accident, la municipalité a rarement les moyens de payer des indemnités aux victimes de leur propre imprudence. Quand un collégien se foule la cheville en tombant dans l’escalier de son collège, c’est la faute du maire, vraiment ?

Ce n’est pas tout, les règlements absurdes pullulent, dans tous les domaines. Voyez cette sottise interdisant aux véhicules d’un certain âge de circuler à Paris, sous prétexte de pollution. D’abord, on est incapable d’évaluer sérieusement le degré de responsabilité de la pollution dans les maladies, il est donc plus facile de tout interdire. Ensuite, on n’a tenu aucun compte de la situation réelle des personnes victimes de cette mesure. Récemment, dans « Marianne », un artisan, frappé par cette interdiction de conduire son véhicule qui lui était pourtant indispensable pour travailler, rapportait qu’il se trouvait ainsi mis au chômage technique, auquel il n’échapperait qu’en se mettant hors-la-loi vis-à-vis des oukazes de madame Hidalgo, qui n’a pas ce souci, elle.

Et l’histoire des ascenseurs ? Combien y a-t-il d’accidents mortels, par an, avec des ascenseurs ? Quasiment aucun. Mais on a sorti une loi obligeant les syndics d’immeubles à remplacer les ascenseurs qui ne seraient pas « aux normes », comme il faut dire. Cette mesure, évidemment, ne plaira qu’aux fabriquants d’ascenseurs, ce qui déjà la rend suspecte, mais partout, les résidents des immeubles concernés se plaignent que leurs charges de copropriété vont faire un grand bond en avant et les mettre en difficulté financière. Idem pour les échafaudages chaque fois qu’on doit repeindre une façade où une cage d’escalier : on a découvert qu’ils manquaient de modernité et devaient absolument être modifiés pour enfin devenir plus sûrs (?).

Un monde de fous obsédés par la sécurité...

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