Les salafistes du CSA

Publié le par Yves-André Samère

On sait combien nos sympathiques censeurs à la noix sont subtils dans les décisions qu’ils prennent pour nous épargner la vue de ce qui pourrait nous traumatiser ou nous donner des idées (mauvaises).

Ainsi, le 27 janvier de cette année, Lemine Ould M. Salem et François Margolin ont sorti à Paris leur film Salafistes, qui n’avait rien justifiant une interdiction, et qui, s’il a pu être projeté en salles, a en revanche été interdit à la télévision. Comme (ne) dirait (pas) Jean-Jacques Bourdin, « Les Français ont le droit de (ne pas) savoir ». Le film avait d’abord été interdit aux moins de 18 ans, interdiction qui a été levée le 13 juillet, mais il ne passe plus que dans... une seule salle parisienne, rue Cujas, demain soir à 19 heures. Évidemment, quand on a dissuadé la France entière de voir un film, on peut ensuite en autoriser la projection, et prétendre que les attentats sont commis par des fous ou des défavorisés sociaux.

Eh bien, le plus marrant, c’est que le même film a été diffusé à la télévision tunisienne, en plein mois de Ramadan, et juste après le repas du soir qui marque la rupture du jeûne. L’un des deux réalisateurs, Margolin, y avait été invité à débattre sur le plateau avec un imam du parti d’Ennahda, qui est islamo-conservateur ; avec un haut responsable de la lutte antiterroriste ; et avec... un salafiste.

Mais les Tunisiens n’a pas la chance d’avoir un Conseil Supérieur de l’Audiovisuel.

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